Équateur: Le chef indigène et l’ex-banquier en lutte pour le second tour

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ÉquateurLe chef indigène et l’ex-banquier en lutte pour le second tour

Pour le troisième jour consécutif, le leader indigène Yaku Perez a maintenu mardi un sit-in pacifique pour «protéger» les votes qu’il dispute à l’ex-banquier de droite Guillermo Lasso pour la deuxième place au second tour de la présidentielle en Équateur.

Le leader indigène Yaku Perez à Quito le 9 février 2021.

Le leader indigène Yaku Perez à Quito le 9 février 2021.

AFP

Yaku Perez a incité mardi ses partisans à rester devant le Conseil national électoral de Quito «pour surveiller, protéger, veiller à ce que la volonté des Équatoriens ne soit pas faussée». Cet avocat écologiste de gauche, âgé de 51 ans, qui atteignait mardi 20,07% des suffrages enregistrés, affronte pour la deuxième place au second tour le conservateur Guillermo Lasso, 65 ans, à 19,49%.

L’économiste Andrés Arauz, 36 ans, dauphin de l’ex-président socialiste Rafael Correa (2007-2017), est arrivé premier avec 32,10% des voix, selon le décompte partiel du CNE portant sur 99,43% des actes électoraux, dont 7,90% restent à vérifier en raison d’incohérences telles que l’absence de signatures de membres des bureaux de vote.

Yaku Perez, du parti Pachakutik, bras politique du mouvement indigène, a affirmé qu’il était «sans conteste en deuxième place». «Avoir plus de 20% du soutien électoral pour la présidence et passer au second tour, c’est déjà historique», a-t-il affirmé après une réunion avec la mission des observateurs de l’Organisation des états américains (OEA), qui a appelé lundi à attendre «dans le calme les résultats» définitifs.

11 avril

Guillermo Lasso, candidat du mouvement Créer des opportunités (Creo) affirme lui aussi qu’il sera au second tour. «Soyez confiants et tranquilles qu’une fois que nous connaîtrons 100% des résultats, nous serons au second tour», a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée mardi sur son compte Twitter.

Le scrutin est prévu le 11 avril pour désigner le successeur de l’impopulaire Lenin Moreno, qui ne s’est pas représenté et terminera le 24 mai son mandat de quatre ans.

Guillermo Lasso argue qu’il reste des «milliers d’actes» électoraux à dépouiller dans des provinces comme Los Rios, Pichincha, Manabi et Guayas, qui comptent le plus d’électeurs.

Pour un «bloc» majoritaire

De son côté, Andrés Arauz s’est félicité que sa coalition Union pour l’espérance (Unes) figure parmi les premiers groupes de la future Assemblée nationale, parlement monocaméral de 137 députés, également élus dimanche. Cela «réaffirme que nous sommes la première et la principale force politique», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Il a ajouté avoir eu des «conversations» avec les «différentes candidatures» en vue de l’édification d’un «bloc» majoritaire.

L’Unes, Pachakutik et la Gauche démocratique (ID) seront les principaux groupes parlementaires. Xavier Hervas, candidat présidentiel d’ID qui apparaît quatrième avec 15,97%, a déclaré à l’AFP être «en total désaccord et opposition» avec le corréisme, qu’il qualifie d'«extrême gauche populiste et corrompue». Il a ajouté qu’il ne soutiendrait ni Lasso, ni Perez, affirmant que «cette idée selon laquelle les hommes politiques sont propriétaires des votes est un manque de respect envers les Équatoriens».

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