Eglise catholique en Allemagne: Le choeur de Ratisbonne entaché par un scandale d'abus sexuels
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Eglise catholique en AllemagneLe choeur de Ratisbonne entaché par un scandale d'abus sexuels

Le célèbre choeur des petits chanteurs de Ratisbonne, dirigé pendant trente ans par le frère du pape Benoît XVI, est entaché à son tour par le scandale des abus sexuels.

Des cas révélés de pédophilie dans l'Eglise catholique allemande secouent le pays depuis des semaines.

L'évêché de Ratisbonne a reconnu un cas d'abus sexuel remontant au début des années 1950 dans le plus ancien choeur d'Allemagne, fondé en 975.

«Une victime s'est manifestée, mais on s'attend à une prise de contact avec une deuxième victime», a déclaré vendredi le porte- parole de l'évêché, Clemens Neck, au cours d'une conférence de presse télévisée. L'institution avait fait état de cette affaire dans une «lettre aux parents» jeudi soir sur son site internet.

Mais l'évêché a ajouté disposer «d'informations sur plusieurs cas d'abus présumés entre 1958 et 1973», demandant à toutes les victimes potentielles de se faire connaître. Il a affirmé vouloir «faire la lumière sur tous les cas possibles», même si certains remontent à un demi-siècle, a-t-il martelé.

L'évêque Georg Ratzinger, frère de Benoît XVI, dirigeait le choeur de 1964 à 1993. Il a assuré à la radio locale Bayerische Rundfunk n'avoir été au courant de rien.

Deux coupables décédés

Les deux cas avérés concernent deux anciens responsables ecclésiastiques de cette institution mondialement connue, qui dispose d'un internat et d'un établissement scolaire musical. Tous deux ont été condamnés à des peines de prison et sont décédés en 1984.

L'un était un vice-directeur de l'institut, ancien professeur de religion qui fut engagé en 1953 puis expulsé cinq ans plus tard. Il fut condamné à deux ans de prison avant de rejoindre un couvent en Suisse entre 1961 et 1982.

«Nous ne connaissons pas le genre d'abus dont il s'agit, ni s'il y a eu d'autres victimes après sa condamnation, cela fait l'objet de recherches», a souligné M. Neck.

L'autre religieux, un ancien directeur de l'internat, a été, «selon nos recherches, condamné à 11 mois de prison en 1971 pour un abus commis avant le 30 mai 1969», a ajouté le porte-parole.

Pour le directeur du choeur, Christoph Hartmann, de tels incidents constituent «un dommage pour l'institution» qui existe depuis plus de mille ans. Mais ils n'ont rien à voir avec la réalité d'aujourd'hui, a-t-il dit au quotidien régional «Süddeutsche Zeitung».

Le choeur de Ratisbonne est chargé de chanter aux offices célébrés dans la cathédrale Saint-Pierre de Ratisbonne mais donne aussi des concerts partout dans le monde.

Rapport accablant

Ce nouveau rebondissement coïncide avec la présentation vendredi d'un rapport révélant que des enfants ont été «massivement victimes de sévices sexuels, physiques et psychiques pendant des décennies» à l'établissement bénédictin d'Ettal, également en Bavière. Mardi, le parquet avait perquisitionné les lieux, où un prêtre avait reconnu avoir téléchargé des photos pornographiques.

La conférence épiscopale allemande a chargé fin février l'évêque de Trêves, Stephan Ackermann, de faire la lumière dans ce scandale qui secoue l'Eglise catholique allemande depuis fin janvier et qui a déjà provoqué plusieurs démissions d'ecclésiastiques.

Le président de la conférence épiscopale, Robert Zollitsch, doit rencontrer le pape le 12 mars au Vatican.

Le Saint-Siège a déclaré vendredi «prendre très au sérieux» le «scandale de pédophilie en Allemagne». Le père Ciro Benedettini, vice-directeur de la salle de presse du Vatican, s'est en revanche refusé à tout commentaire sur le cas précis des abus sexuels qui ont eu lieu dans le choeur de garçons de Ratisbonne.

(ats)

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