Votations du 17 mai: Le choix du type de médecine
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Votations du 17 maiLe choix du type de médecine

Le 17 mai, le peuple doit voter pour dire s'il accepte ou non que les médecines complémentaires soient de nouveau remboursées par l'assurance maladie obligatoire de base.

par
Jean-Bernard Mani

Le peuple doit dire s'il veut que cinq médecines complémentaires soient de nouveau remboursées dans le cadre de l'assurance maladie de base. L'homéopathie, la thérapie neurale, la phytothérapie, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise sont concernées. En cas de oui, les conséquences financières restent peu claires: elles varient entre 25 et 100 millions de francs selon les estimations. Quoi qu'il en soit, les médecines complémentaires constituent d'ores et déjà un énorme marché, mais pour les assurances complémentaires facultatives. A en croire le message du Conseil fédéral, près de 70% des assurés possèdent une telle police. Une chose est par contre certaine: même avec un coût annuel de 100 millions de francs, les médecines complémentaires ne pèseraient que 0,2% dans les coûts totaux de la santé, qui dépassent les 50 milliards de francs. La plupart des partis sont pour, sauf l'UDC, qui recommande le non.

Isabelle Chevalley Députée au Grand conseil vaudois, présidente d'Ecologie libérale, chimiste.

Isabelle Chevalley Députée au Grand conseil vaudois, présidente d'Ecologie libérale, chimiste.

– Quel argument principal mettez-vous en avant pour dire oui?

 Les médecines complémentaires ont fait leurs preuves, et les traitements sont souvent moins coûteux que la médecine traditionnelle. Les accepter, c’est laisser la liberté à chacun de choisir le mode de traitement qu’il désire, avec des moyens naturels ou chimiques.

Pensez-vous qu’en cas d’acceptation les coûts de la santé vont exploser?

Au contraire, je pense que ça pourrait limiter la hausse des prix.

Les cinq domaines de santé remboursés vous paraissent-ils crédibles?

Oui. Pour certains, cela fait des siècles que ces médecines sont utilisées. De nombreuses études scientifiques ont démontré leur efficacité. Ayant un doctorat en phytothérapie, je me demande pourquoi on ne rembourserait pas un traitement naturel alors que l’on rembourse un traitement à base de substances chimiques qui ne sont en fait que des copies de la nature.

Ne craignez-vous pas qu’un oui soit la porte ouverte à d’autres demandes de remboursement?

Ne craignez-vous pas qu’un oui soit la porte ouverte à d’autres demandes de remboursement?

Non, il faut savoir évoluer avec son temps, et les médecines complémentaires font partie intégrante de notre époque.

Eric Bonjour Député UDC au Grand Conseil vaudois, économiste HES.

Eric Bonjour Député UDC au Grand Conseil vaudois, économiste HES.

Quel argument principal mettez-vous en avant pour dire non?

Les médecines complémentaires ne sont pas un substitut de la médecine classique, mais un complément. C’est un traitement que l’on rajoute aux prestations de médecine classique. Il y a donc un effet de coût supplémentaire.

Pensez-vous qu’en cas d’acceptation les coûts de la santé vont exploser?

Les coûts vont continuer à progresser de 4 à 5% par an et l’introduction de ces mesures ne changera rien à cette situation.

Les cinq domaines de santé remboursés vous paraissent-ils crédibles?

De 1998 à 2003, ces mesures figuraient dans la LAmal à titre d’essai pilote. L’étude n’a pas permis de répondre au critère d’efficacité. Ces mesures ne sont donc pas devenues plus efficaces ou plus utiles aujourd’hui.

Ne craignez-vous pas qu’un oui soit la porte ouverte à d’autres demandes de remboursement?

Ce risque est manifeste et il est réel. En inscrivant une prestation dans le catalogue de base, elle sera à coup sûr demandée, car la prime de base est payée obligatoirement. Ce qui était du domaine du libre choix devient un dû.

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