Doris Leuthard au Club des 100: Le chômage va poser de gros problèmes à la Suisse

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Doris Leuthard au Club des 100Le chômage va poser de gros problèmes à la Suisse

Doris Leuthard a mis en garde mardi soir contre toute «euphorie» par rapport à une sortie rapide de la crise économique.

La conseillère fédérale a souligné que la Suisse allait affronter un très gros problème avec la hausse du chômage.

La ministre était invitée à Lucens (VD) par le canton de Vaud à l'occasion de la cinquième réunion du Club des 100, soit les 100 entreprises au poids fiscal le plus important. Elle s'est montrée «très prudente malgré quelques signaux positifs» de reprise économique.

Personnes en difficultés

Doris Leuthard a particulièrement insisté sur le chômage qui va progresser chaque mois jusqu'en été 2010. Le chômage des jeunes et les chômeurs à longue durée l'inquiètent particulièrement. «Nous aurons vraiment des problèmes en Suisse», d'autant plus que ce sont des parties très sensibles de la société qui seront touchées.

Malgré ces difficultés, la conseillère fédérale s'attend à ce que la Suisse sorte «bien placée» de la crise. Les aides étatiques pour soutenir l'économie ont été financées avec le budget ordinaire, contrairement à beaucoup d'autres pays qui se sont massivement endettés pour faire face à la crise.

Au niveau international, la ministre s'est félicitée de la politique d'accords bilatéraux de libre-échange menée par la Suisse. Après l'Inde, l'Indonésie, la Chine pourrait s'ajouter à la liste. En revanche, Doris Leuthard n'a pas caché son inquiétude par rapport aux nouveaux interlocuteurs, comme le G20 ou les pays émergents.

Plus de punch

Le G20, dont la Suisse n'est pas membre, veut peser de tout son poids sur toutes les questions importantes. Ce groupe n'a pas de légitimité, selon elle. Les grands pays émergents réclament aussi de plus en plus de pouvoir, mais souhaitent en même temps toutes sortes d'exception au tous les niveaux: OMC, FAO ou FMI.

Face à ces difficultés, la Suisse «doit avoir des amis», en particulier avec les pays membres de l'OCDE qui sont ses partenaires. «Les pouvoirs mondiaux changent, il faut se préparer», a-t-elle ajouté en souhaitant davantage de fermeté dans la défense des intérêts helvétiques.

(ats)

Propos maladroits

Pascal Broulis a présenté mardi soir à Lucens (VD) ses excuses pour les propos «maladroits» de Pierre-Yves Maillard sur l'économie. Le président du Conseil d'Etat vaudois avait réuni pour la cinquième fois le Club des 100 (les 100 entreprises au poids fiscal le plus lourd pour le canton).

Le Club des 100 vise à rencontrer et saluer les représentants économiques du canton, parfois à résoudre des petits problèmes, tout en présentant l'action du gouvernement en matière fiscale. Le conseiller d'Etat Pascal Broulis a demandé après chaque exposé s'il y avait des questions de la part de l'assemblée qui pèse «mille milliards» de capitalisation boursière.

Si le ton est resté très courtois, un des participants a montré en revanche qu'il n'avait pas du tout digéré les propos de Pierre- Yves Maillard. Le ministre vaudois de la santé et de l'action sociale a déclaré lors d'une récente conférence de presse sur les «working poors» que l'économie produisait de la pauvreté.

C'est «vexant, insultant», a dit Bernard Ruegger, président de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, se demandant si le gouvernement du canton était bel et bien à droite ou pas. Il a énuméré ensuite une longue liste de taxes et autres contributions que les entreprises doivent payer. Il a félicité Pierre-Yves Maillard pour «tout ce qu'il a obtenu» du canton, ce qui a déclenché les applaudissements de l'assemblée.

Pascal Broulis a dit que son collègue reconnaissait lui-même que ses propos étaient «malheureux» et «plus que maladroits». «On vous a entendu, c'était une maladresse de communication», a insisté le conseiller d'Etat en promettant de ne pas augmenter la fiscalité.

En 2009, la dette devrait baisser à 2,4 milliards de francs, a encore annoncé Pascal Broulis. Il a dit son espoir qu'elle se stabilise à 2 milliards d'ici la fin de la législature.

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