Actualisé 17.09.2020 à 13:14

CoronavirusLe CHUV se dit prêt à faire face à une deuxième vague

L’hôpital universitaire vaudois a voulu rassurer sur ses capacités à faire face alors que le nombre de cas est en augmentation dans le canton, qui est de loin le plus touché de Suisse.

La conseillère d’Etat Rebecca Ruiz (à droite) a fait une mise en point: le système hospitalier vaudois n’est pas saturé.

La conseillère d’Etat Rebecca Ruiz (à droite) a fait une mise en point: le système hospitalier vaudois n’est pas saturé.

KEYSTONE

Le CHUV est prêt à faire face à une deuxième vague de coronavirus, alors que le nombre de cas augmente dans le canton. Il y a actuellement 23 patients Covid dans l’hôpital lausannois, dont deux aux soins intensifs. Ils étaient près de 150 patients Covid au plus fort de la crise. Le personnel, fatigué, réclame un renforcement des effectifs. Il pourrait participer le 28 octobre à une journée de grève et d’actions.

L’hôpital universitaire vaudois a tiré jeudi un bilan de la première vague d’infection et présenté comment il entend gérer un éventuel nouvel afflux de patients. Il a voulu rassurer sur ses capacités à faire face alors que le nombre de cas est en augmentation dans le canton, qui est de loin le plus touché de Suisse.

D’emblée, la conseillère d’Etat Rebecca Ruiz a fait une mise au point: le système hospitalier vaudois n’est pas saturé. Un tiers des lits sont libres aux soins intensifs dans les hôpitaux vaudois. «Nous avons un système sanitaire solide, qui a montré sa souplesse et saura être prêt, le cas échéant», a-t-elle déclaré.

«Le CHUV fonctionne actuellement avec une activité quasi normale, c’est-à-dire qu’il est plein à 90%. Mais nous avons des secteurs de réserve avec des lits vides prêts à accueillir les patients Covid. Quatorze lits sont immédiatement disponibles aux soins intensifs», a précisé le directeur général, Philippe Eckert.

Durant la première phase de la pandémie, l’hôpital s’est entièrement réorganisé. Il a déménagé des secteurs entiers, trouvé des logements pour certains de ses employés frontaliers. «Des mesures de planification ont été prises pour assurer le repos du personnel. Il y a eu très peu d’heures supplémentaires», selon le directeur.

Peu de contaminations

Les mesures de protection ont permis d’éviter la contamination des collaborateurs. Selon les résultats préliminaires d’une étude sérologique, le personnel soignant ne serait pas plus touché que le reste de la population en général, soit un taux de 9-10%.

Au plus fort de la crise, la direction a dû se résoudre à prendre une mesure «radicale»: la suppression des vacances de son personnel. Elle ne devrait plus y avoir recours. «On a appris énormément de cette première vague, il n’y aura plus besoin d’arrêter les vacances», a estimé Isabelle Lehn, directrice des soins.

Pour surmonter une éventuelle deuxième vague, le CHUV est en train d’embaucher du personnel supplémentaire, notamment des infirmiers qui viennent d’obtenir leur diplôme. Il en a déjà engagé 86, et 90 autres pourraient suivre. «Une quarantaine de personnes arriveront en octobre, rien que pour les soins infirmiers», a déclaré Mme Lehn.

Souplesse

Si la prochaine vague est très importante, il faudra vraisemblablement rediminuer, voire arrêter certaines activités hospitalières. Des transferts sont aussi envisageables entre hôpitaux romands, voire avec la Suisse alémanique. Le CHUV assure un suivi romand du nombre de lits en soins intensifs.

L’arrivée de la grippe saisonnière compliquera la tâche des soignants. L’hôpital effectuera alors un double test auprès de ses patients, l’un pour le Covid et l’autre pour la grippe.

Fatigue du personnel

La direction du CHUV se dit consciente de la fatigue du personnel, très impliqué au plus fort de la crise. Mais elle estime avoir pris des mesures pour améliorer la situation, notamment pour permettre le rattrapage des jours de vacances. C’est la raison pour laquelle le bloc opératoire ne tourne actuellement pas à plein régime.

Pour Rebecca Ruiz, la direction est «à l’écoute des remontées du terrain». «Le dialogue est constant dans cette maison».

Journée de grève

Réuni en assemblée générale, le personnel a pourtant voté mardi à la quasi-unanimité le principe d’une journée d’actions et de grève pour le 28 octobre, rejoignant ainsi le mouvement du secteur parapublic (EMS, hôpitaux régionaux et CMS). Ils réclament un renforcement des effectifs, une hausse des salaires et une prime Covid.

Pour le CHUV, cette décision doit être confirmée le 8 octobre. «Entre-temps, on espère ouvrir des négociations avec le Conseil d’Etat», a expliqué à Keystone-ATS David Gygax, secrétaire syndical au SSP.

Qui prend soin de nous?

«Les gens sont archi-fatigués. Ils n’en peuvent plus. Ils quittent la profession très vite et le taux d’absence est très élevé», explique le secrétaire syndical. Les exigences du personnel ne sont pas nouvelles. Elles ont été renforcées par la crise. «On prend soin de tout le monde. Mais qui prend soin de nous», a résumé une soignante lors de la dernière assemblée générale.

Est-il envisageable de faire grève fin octobre si la situation sanitaire est tendue? «Les gens sont raisonnables. Ils prendront leurs responsabilités et assureront les soins aux patients», a rassuré M. Gygax.

(ATS/NXP)

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