Actualisé 20.12.2009 à 10:27

Affaire Polanski

Le cinéaste «comme un roc, au travail, confiant»

Roman Polanski a été frappé par l'extraordinaire embarras, et donc la gentillesse, des fonctionnaires suisses, du haut en bas de l'échelle, auxquels il a eu affaire durant les 50 jours de sa détention à Winterthour.

Ces propos sont rapportés par le philosophe français Bernard-Henri Lévy (BHL).

BHL a rendu visite à son ami il y a une dizaine de jours à Gstaad, le trouvant «comme un roc, au travail, confiant», lui a-t-il semblé, «quoique se faisant beaucoup de soucis pour les siens, ses enfants, sa femme». Et BHL de poursuivre, dans une interview au «Matin Dimanche»: «Ces gens ont fait leur métier, naturellement. Ils ont été bien obligés de le faire».

«Mais ils semblaient - c'est ainsi, en tout cas, que Roman Polanski, non sans humour, l'a ressenti - presque aussi navrés que lui par la situation dans laquelle il se trouvait!», ajoute encore M. Lévy. Selon lui, la Suisse doit résister à la demande d'extradition américaine. Elle doit être cohérente avec elle-même, elle qui a accueilli le cinéaste à bras ouverts quand il a acquis un chalet il y a quelques années.

Un tournant dans l'histoire

«On ne peut pas tout à coup changer d'attitude et décider que l'homme qu'on a reçu avec joie et fierté, sans jamais se poser l'ombre d'une question, est un dangereux criminel à qui on tend un traquenard», plaide BHL.

«Je sais qu'il y a aujourd'hui, dans les instances gouvernementales et judiciaires suisses, un grand nombre d'hommes et de femmes qui sentent bien qu'il y a là une situation qui n'est pas normale».

«Ils savent que, si cette affaire allait jusqu'à l'extradition, ce serait un tournant dans l'histoire de la Suisse, un désaveu de ses valeurs fondamentales, une entorse gravissime aux traditions d'hospitalité et d'accueil qui sont l'honneur de ce pays. Combien d'écrivains, exilés politiques, de proscrits ont, au fil des trois derniers siècles, trouvé refuge en Suisse! On tirerait donc un trait sur tout cela?», se demande le philosophe.

Pour l'heure, Roman Polanski se trouve toujours en résidence surveillée, muni d'un bracelet électronique. Il est en attente d'une décision d'extradition aux Etats-Unis pour une affaire d'abus sexuel datant de plus de 30 ans.

(ats)

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