Polanski arrêté en Suisse: Le cinéaste engage une star du barreau américain
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Polanski arrêté en SuisseLe cinéaste engage une star du barreau américain

L'arrestation de Roman Polanski a suscité de nouvelles réactions mercredi. A l'étranger, l'opinion reste divisée alors qu'en fin de journée on apprenait que le cinéaste a engagé un ténor du barreau américain pour le défendre.

Le cinéaste franco-polonais a mandaté Reid Weingarten, écrit le quotidien New York Times. Cet avocat-vedette rejoint l'équipe d'avocats chargée d'éviter l'extradition de Roman Polanski vers les Etats-Unis. Les autorités américaines ont formellement 60 jours pour déposer leur demande.

Durant la journée, l'arrestation du réalisateur a déclenché de nouvelles réactions. «C'est un grand artiste mais je défends d'abord l'Etat de droit, au nom de la civilisation», a dit le ministre de la culture Pascal Couchepin.

Contrairement à sa collègue des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, il ne considère pas qu'il y a eu un «manque de finesse» dans cette arrestation. «Je ne vois pas quelle finesse on aurait pu introduire; dans le droit, les choses sont claires», a-t-il lancé.

Procédure en cours

A Paris, le gouvernement français annonçait être en quête d'une solution juridique. Son porte-parole Luc Chatel a précisé que Roman Polanski «n'est ni au-dessus, ni en dessous des lois».

«Nous avons une procédure judiciaire en cours, pour une affaire grave: le viol d'une mineure, pour laquelle la justice américaine et la justice suisse font leur travail.» Il a dit aussi comprendre «l'émotion suscitée par cette arrestation tardive, plus de trente ans après les faits et la méthode de cette arrestation».

A Strasbourg, un élu au Conseil de l'Europe a par ailleurs demandé que l'organisation se prononce sur une extradition de Roman Polanski. Le Britannique Denis MacShane fonde sa requête sur le fait que le Conseil de l'Europe mène campagne contre le viol.

Foudres de la justice

Outre-Atlantique, des experts juridiques estiment que Roman Polanski pourrait ne pas être inquiété aux Etats-Unis pour les «relations sexuelles illégales» avec une mineure de 13 ans en 1977. En revanche, le cinéaste pourrait essuyer les foudres de la justice de Los Angeles pour avoir décidé de s'enfuir.

Le cinéaste, âgé de 76 ans, a été reconnu coupable d'avoir violé et drogué sa jeune victime, âgée de 13 ans. Un accord avec le procureur avait à l'époque ouvert la voie à un condamnation minime.

Délit de fuite

Roman Polanski a décidé cependant de s'envoler pour la France. Il aurait suspecté que le juge de l'affaire -aujourd'hui décédé- voulait revenir sur l'accord qui lui aurait permis de sortir libre du tribunal.

La professeure de droit à l'Université de Cali Jean Rosenbluth rappelle que la fuite est un autre délit, qui s'ajoute aux faits pour lesquels le cinéaste a été reconnu coupable.

«Corde patriotique»

En Pologne, artistes et hommes politiques restaient divisés sur l'arrestation de leur compatriote. Celle-ci a dans un premier temps suscité une vague d'indignation dans le pays.

Le Premier ministre Donald Tusk a pris ses distances d'avec l'initiative du chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski. Ce dernier a écrit avec son homologue français Bernard Kouchner une lettre à la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton demandant la libération du cinéaste.

«Cette affaire concerne bien sûr un réalisateur polonais éminent, elle est vieille de nombreuses années, mais elle porte sur un viol, sur un acte sexuel avec une enfant. Nous ne devons pas y mélanger la politique, ni jouer la corde patriotique.»

(ats)

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