Suisse: Le cinéma à la demande n'a pas trouvé son public
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SuisseLe cinéma à la demande n'a pas trouvé son public

Gokino.ch, qui propose de choisir un film, une salle et une heure de projection, doit se repenser après un an. Le concept n'a pas décollé.

par
Caroline Gebhard
photo: Kein Anbieter

«L'idée était bonne, mais ça n'a pas marché.» Directeur de la programmation chez Pathé Suisse, Umberto Tedeschi partage le même constat que Jonathan Waser, son homologue de Cinérive.

Associées l'an dernier à la plate-forme de cinéma à la demande gokino.ch, les deux sociétés ne font plus partie de l'aventure. De l'aveu de Thierry Spicher, l'un des initiateurs de gokino.ch, le concept – qui permet à tout un chacun de programmer un film dans un cinéma partenaire – n'a pas trouvé son public. Un an après son lancement, seule une salle zurichoise est encore active.

Pour Thierry Spicher, cette situation a deux causes principales. D'une part, «ça gonflait la plupart des gens de faire la pub de leur séance.» Le principe veut en effet que le programmateur d'un film s'assure de réunir un minimum de personnes pour que la projection ait lieu. D'autre part, le seuil de participants exigé a constitué une barrière: «Nous avions sous-estimé le fait que les salles étaient un peu grandes et qu'il fallait beaucoup de spectateurs.»

Dans certains cas, au moins 200 personnes étaient attendues. Du coup, seules 28 séances ont effectivement eu lieu en 2015, soit 20% des tentatives de programmation.

En attendant que le concept soit repensé, gokino.ch n'existe plus que dans le seul lieu qui lui reste associé: le cinéma Houdini, à Zurich. Le site, dont la plus grande salle n'excède pas 55 places, accueille environ une projection par semaine.

Créneaux horaires peu adaptés aux besoins

A son lancement, en octobre 2014, gokino.ch était déjà présent à Zurich et également, via Pathé Suisse, à Genève. Après quelques mois, cette société a ouvert des salles à Bâle, à Berne, à Lausanne et à Dietlikon (ZH). Au final, le nombre de séances qui ont eu lieu «se compte sur les doigts d'une main», indique Umberto Tedeschi. Selon lui, si ça n'a pas marché, c'est parce que «les gens veulent aller au cinéma entre le vendredi soir et le dimanche après-midi. Et c'est justement durant ces périodes-là qu'on ne pouvait pas libérer de salles.»

Quelques succès

Gokino.ch a mieux fonctionné avec les séances privées demandées par une classe, une société ou une association. Dans ces cas-là, la projection était assurée dès le départ, vu la taille critique du groupe. «Ce qui a bien marché aussi, ce sont des séances programmées par des distributeurs. Parfois, ils ont rempli des salles avec des films en avant-première qui ne seraient pas sortis en salle autrement», note Thierry Spicher.

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