Actualisé 15.05.2011 à 20:37

Festival de Cannes

Le cinéma francophone à l'honneur

Le cinéma francophone était à l'honneur dimanche au Festival de Cannes, avec la présentation en compétition du film français, «The Artist» de Michel Hazanavicius et du film belge «Gamin au vélo».

Remarqué pour ses hilarants «OSS 117» («Le Caire nid d'espions» en 2006, et «Rio ne répond plus» en 2009), Michel Hazanavicius a tenté cette fois un pari audacieux en tournant un film muet et en noir et blanc, avec son acteur fétiche, Jean Dujardin, qui a incarné à deux reprises l'agent secret à l'humour très décalé.

Dans «The Artist», qui devait dans un premier temps être présenté hors compétition, Hazanavicius entraîne le spectateur dans le Hollywood des années 20. Jean Dujardin joue le rôle de George Valentin, une star de cinéma muet qui va tomber dans l'oubli avec l'arrivée des films parlants. En revanche, Peppy Miller, interprétée par Bérénice Bejo (déjà aux côtés de Dujardin dans «OSS 117: Le Caire nid d'espions»), va sortir de son statut de figurante et devenir célèbre. Une évolution qui va contrarier leur histoire d'amour...

Lors d'une conférence de presse, Michel Hazanavicius, dont c'est la première sélection à Cannes en compétition, a expliqué qu'il avait eu envie de se «coller à cette manière de raconter, qui est purement du cinéma, qui est purement visuelle», en réalisant en même temps «un divertissement, un film populaire», «qui ne soit pas dans le second degré».

«On a tourné à 22 images/seconde, ce qui permet de donner un très léger accéléré», a-t-il précisé, en ajoutant qu'«à 20 images/seconde, on basculait un petit peu dans le pastiche», et qu'«à 24 images, on n'avait pas la saveur, le petit goût des années 20, le petit goût du cinéma muet».

Bérénice Bejo a expliqué qu'elle s'était notamment inspirée de «City Girl», un film muet du maître allemand F.W. Murnau (1930), dans lequel «les acteurs étaient modernes». «Sans faire grand-chose, ils faisaient passer une émotion incroyable, beaucoup grâce au cadre, à la lumière, noir et blanc», a-t-elle souligné.

«J'ai dû regarder 150 clins d'oeil sur internet de Marlene Dietrich, voir comment elle plissait des yeux, elle prenait l'espace», a-t-elle également expliqué.

Avec humour, Jean Dujardin a confié qu'il n'avait «rien foutu» pour préparer son rôle, avant de reconnaître qu'il avait «travaillé un peu sur Douglas Fairbanks (...) qui ne peut pas s'empêcher de faire des bonds à chaque fois qu'il y a une marche», et que ça l'avait «aidé à rentrer un petit peu dans le film».

«Je me suis rendu compte qu'on n'avait pas besoin des dialogues, on pouvait avoir une tenue, on pouvait se voûter, il y a plein de choses à faire avec son corps», a-t-il souligné.

Autre film présenté en compétition dimanche: «Le gamin au vélo», de Luc et Jean-Pierre Dardenne, qui ont déjà obtenu deux Palme d'or à Cannes avec à «Rosetta» (1999) et à «L'enfant» (2005).

Dans leur nouveau film, ils racontent l'histoire de Cyril (Thomas Doret), un garçon de 11 ans, placé en foyer, qui veut retourner vivre avec son père (Jérémie Rénier). Au cours d'une fugue, il croise le chemin de Samantha (Cécile de France), une jeune coiffeuse qui se prend d'affection pour lui et accepter de l'accueillir chez elle le week-end.

Grâce à elle, Cyril va pouvoir revoir son père, mais celui-ci ne veut plus s'occuper de son fils. Le garçon, qui n'accepte pas cette situation, risque alors de sombrer dans la délinquance...

«On a failli un moment donné appelé le film 'Conte de notre temps'», a expliqué Jean-Pierre Dardenne lors d'une conférence de presse, en expliquant qu'il s'agissait d'une sorte de conte. Cyril «va traverser des épreuves qui vont lui faire perdre ses illusions», «il y a la bonne fée qui vient sauver Cyril, Samantha», «et il y a le méchant loup», a-t-il raconté.

«On voulait travailler avec une actrice très connue», a renchéri Luc Dardenne, rendant hommage à leur compatriote, Cécile de France, qui a joué récemment dans «Au-delà» de Clint Eastwood. «Il nous semblait qu'elle avait une présence lumineuse évidente, et que pour Samantha, c'est ça qu'il fallait», a-t-il ajouté.

Cécile de France, qui a retrouvé un peu son accent belge pour l'occasion, a elle aussi félicité les réalisateurs, assurant que c'était «un rêve un peu inaccessible» de tourner avec eux, ainsi que son partenaire, le jeune Thomas Doret, qui était «leader sur ce film», puiqu'«il est de toutes les scènes».

«Il avait aussi cette virginité professionnelle. C'était la force de la page blanche sur laquelle on peut inscrire beaucoup de choses. Entre moi qui avait cette expérience et lui qui avait cette spontanéité, on était d'égal à égal», a-t-elle noté.

La compétition se poursuivra lundi avec la projection du très attendu «The Tree of Life» de Terrence Malick, et de «L'apollonide - Souvenirs de la maison close» de Bertrand Bonello. (ap)

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