Anya Taylor-Joy: «Le cinéma m'a sauvée de mes démons»
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Anya Taylor-Joy«Le cinéma m'a sauvée de mes démons»

Anya Taylor-Joy a toujours cherché sa place dans le monde jusqu'à ce qu'elle découvre le 7e art. Rencontre avant la première américaine de «Glass», dans lequel elle joue.

par
Henry Arnaud
New York
L'Américaine est la dernière d'une famille de six enfants.

L'Américaine est la dernière d'une famille de six enfants.

AFP/Jamie Mccarthy

A 22 ans, la comédienne aime jouer les caméléons et changer d'apparence film après film. Dans «Glass», actuellement à l'affiche en Suisse romande, elle a retrouvé le réalisateur M. Night Shyamalan, qui l'avait déjà fait tourner dans «Split» en 2017.

On connaît peu de choses de vous. Comment êtes-vous devenue actrice?

Je suis la dernière de six enfants. Très jeune, je me suis souvent sentie seule et très différente des autres. J'avais le sentiment que personne ne me comprenait et de n'appartenir à aucun groupe à l'école. Je croyais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas en moi car j'étais rejetée pour ne pas être assez latina, assez black, assez blanche, etc. Heureusement les jeunes générations changent et acceptent davantage les différences d'origines.

Quelles sont vos origines?

Ma mère a vécu entre Londres et Saragosse en Espagne mais d'origine africaine puisqu'elle est née en Zambie. Mon père est écossais et argentin de Buenos Aires. Et moi citoyenne du monde car je vis avec des valises entre différents pays depuis longtemps. Je suis née à Miami. L'espagnol est ma première langue, mais je peux parler anglais avec différents accents ce qui a toujours surpris car je ne rentre dans aucune boite que la société essaie de nous imposer à l'adolescence. Maman a retrouvé une vidéo de moi à 5 ans où je lui disais que je serais actrice et que c'était la seule carrière pour moi. Comme quoi, j'ai toujours eu de la suite dans les idées (rires).

Est-ce que cela a été difficile à surmonter?

Le cinéma m'a sauvée de mes démons. J'ai surmonté mes peurs et mes fantômes grâce au cinéma. Il y a beaucoup de choses dans mon passé que je ne suis pas prête à évoquer tout de suite. Je n'ai que 22 ans et je veux d'abord gagner de l'assurance en moi avant de parler des douleurs de ma jeunesse. Je n'ai pas honte de moi, je gagne juste du temps pour que le jour où je raconte mon passé, cela ait un impact auprès des autres.

Comment avez-vous réussi à vous accepter?

Mes rôles au cinéma m'ont beaucoup aidé. A l'école pour essayer de fondre dans la masse, j'ai développé une bonne oreille pour écouter les accents et parler de la même manière que les jeunes autour de moi. Je peux avoir l'accent américain à New York, anglais à Londres, irlandais à Dublin... J'ai aussi souvent changé de coupes et de couleurs de cheveux pour brouiller les pistes. J'ai été brune, rousse, mais je suis de retour au blond qui est ma couleur naturelle.

Vous êtes à l'affiche de « Glass ». Saviez-vous que M. Night Shyamalan ferait une trilogie après «Unbreakable» et «Split»?

«Glass» c'est comme un cadeau de Noël. En terminant «Split», personne ne savait que M. Night envisageait une suite. Il est tout aussi mystérieux sur l'intrigue et moi j'aime ça. Je lui ai simplement fait confiance en me laissant porter par son scénario au fur et à mesure qu'il nous donnait les pages de dialogues. «Glass» est aussi un thriller dont il ne faut rien dire car les rebondissements font tout l'intérêt du film.

Bande-annonce «Glass»

Bande-annonce «Glass» de M. Night Shyamalan.

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