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CultureLe cinéma suisse a réussi à exister en 2016

Les films américains se gardent toujours la part du lion en Suisse avec 67% des billets vendus.

Ivo Kummer à la tête de la section cinéma de l'Office fédéral de la culture (OFC)veut renforcer la présence du cinéma suisse à l'étranger.

Ivo Kummer à la tête de la section cinéma de l'Office fédéral de la culture (OFC)veut renforcer la présence du cinéma suisse à l'étranger.

Keystone

Les cinéastes suisses peuvent être fiers de l'année écoulée: un film familial attire des millions de personnes au cinéma et un film d'animation remporte des prix à tour de bras.

Reste que tout n'est pas rose dans l'industrie cinématographique suisse. Ivo Kummer à la tête de la section cinéma de l'Office fédéral de la culture (OFC) s'en explique avec l'ats.

«Heidi», réalisé par Alain Gsponer, a attiré 3,5 millions de téléspectateurs au cinéma à travers le monde. Le film d'animation franco-suisse «Ma vie de courgette», réalisé par Claude Barras, a remporté le Prix du cinéma européen. Il a été nominé pour un Golden Globe et a même été présélectionné pour un Oscar.

Les festivals pas pris en compte

En dehors de ces deux succès retentissants, le film suisse n'a guère résisté à la concurrence. «L'industrie cinématographique est impitoyable: si un film reste en dessous des attentes lors du premier week-end de sa sortie, il est souvent éjecté des programmes.»

A la mi-décembre, 13 millions de billets avaient été vendus en Suisse pendant toute l'année, selon ProCinema. Les films américains emportent la part du lion avec 67% des billets vendus. Le cinéma suisse, y compris «Heidi», issu d'une co-production germano-suisse, a gagné une part de 7,7%.

Mais le succès en salle ne dit pas tout du destin d'un film, estime Ivo Kummer. L'OFC va tenir compte à l'avenir des festivals, des passages en télévision et des vidéos sur demande. «Avec ces chiffres en main, nous serons enfin en mesure de parler du succès réel d'un film», poursuit le patron du cinéma suisse. Les 8000 personnes qui visionnent les films sur la Piazza Grande du Festival de Locarno ne compteront ainsi plus pour beurre.

Le temps du changement

L'exclusion de la Suisse de la plate-forme européenne de films MEDIA a marqué les deux années qui viennent de se terminer. Les co-productions réussies de «Heidi» et de «Ma vie de courgette» montrent l'importance de la coopération internationale. «Les réseaux ne sont pas encore perdus, mais je suis sûr que l'on sentira plus vite que l'on pense les conséquences de l'exclusion», a poursuivi Ivo Kummer.

Pour faire face à cette situation, des mesures ont été prises pour renforcer la présence du cinéma suisse à l'étranger. Mais on ne pourra tirer les conséquences de cette nouvelle politique que d'ici deux ou trois ans, relève Ivo Kummer.

Promotion PICS

Le programme PICS, nouvel instrument de promotion du cinéma suisse introduit en juillet dernier, se développe comme prévu. Une équipe italienne réunie autour du réalisateur Denis Rabaglia prévoit d'ailleurs de tourner cinq jours au Tessin. Sans l'encouragement du programme PICS, les scènes auraient été tournées dans le Tyrol du Sud ou ailleurs en Italie.

Ivo Kummer voit dans le Programme de promotion de l'investissement dans la cinématographie en Suisse (PICS) une sorte d'encouragement à l'économie locale et à sa culture. Car les équipes de tournage ont aussi besoin de manger et de dormir.

Malgré les nouveaux moyens d'encouragement et malgré les succès cinématographiques, le cinéma suisse reste comme toujours sur la brèche. Pour faire face aux conséquences des décisions politiques, il est temps de développer une stratégie internationale pour le film suisse, estime Ivo Kummer. Cette réflexion est impérative en 2017. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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