Actualisé 15.03.2009 à 17:48

EnvironnementLe cinquième Forum de l'eau ouvre ses portes lundi

Le réchauffement climatique, la crise économique, et le rôle des grandes entreprises du secteur de l'eau sont au menu des quelque 20.000 participants qui se retrouvent à partir de lundi et jusqu'au 22 mars à Istanbul (Turquie) pour le cinquième Forum de l'eau.

Il y a urgence à agir, note Ger Bergkamp, directeur général du Conseil mondial de l'eau, organisateur de la manifestation. «La situation de l'eau dans le monde ne va pas dans le bon sens», juge-t-il, et la récession économique risque de l'aggraver encore, en réduisant les investissements consacrés aux infrastructures.

Avec la pollution et l'épuisement des ressources, la détérioration des écosystèmes et l'explosion démographique, les deux-tiers de la population de la planète seront confrontés à des pénuries d'eau d'ici 2025, selon l'Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN), le réseau mondial de protection de l'environnement, plus ancienne des organisations environnementales, fondée en 1948 et basée près de Genève.

«Le réchauffement climatique se fera sentir d'abord et surtout à travers de l'eau, qu'il s'agisse de sécheresse, d'inondations, de tempêtes, de fonte des glaces ou de montée niveau de la mer», a noté Mark Smith, responsable du programme eau de l'UICN.

Le Conseil mondial de l'eau, fondé en 1996 et dont le siège est à Marseille, organise ce Forum tous les trois ans. Y participent nombre d'organismes, associations ou entreprises privées, dont la Banque mondiale ou la Croix-rouge. Parmi les responsables politiques, un des plus attendus cette année est le président irakien, le Kurde Jalal Talabani.

Certaines ONG ont reproché au Forum de n'être qu'une «grande foire commerciale» servant surtout à promouvoir les intérêts des grandes compagnies du secteur de l'eau, alors que pour elles l'accès à l'eau potable est un «droit de l'homme» fondamental.

«Ils pensent vraiment que l'eau est un bien qui se vend et s'achète», dénonce Maude Barlow, fondatrice de Blue Planet Project, une ONG canadienne militant pour la protection des ressources en eau.

La France, avec plus de 350 millions d'euros d'engagements bilatéraux approuvés en 2007 et plus de 100 millions annuels de contributions multilatérales en faveur d'actions pour l'eau et l'assainissement et la gestion intégrée des ressources en eau, compte parmi les cinq bailleurs les plus importants, selon le ministère des Affaires étrangères. (ap)

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