EMS Chemie: Le clan Blocher touche 277 millions de dividendes

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EMS ChemieLe clan Blocher touche 277 millions de dividendes

Alors que certains la verraient bien au Conseil fédéral, Magdalena Martullo-Blocher se hisse avec ses soeurs à la 3e place des familles les plus riches à la Bourse.

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cht/nxp
Magadelena Martullo-Blocher va toucher aujourd'hui un joli pactole.

Magadelena Martullo-Blocher va toucher aujourd'hui un joli pactole.

Keystone

C'est jour de paie ce jeudi pour la famille Blocher. En effet, Magdalena Martullo-Blocher et ses soeurs vont toucher quelque 277 millions de dividendes grâce aux bons résultats de Ems Chemie, annoncent jeudi le Tages-Anzeiger et le Bund.

L'entreprise a en effet présenté samedi dernier ses chiffres à ses actionnaires dans une grande fête au siège de la firme, où se mêlait des airs de Mozart à des démonstrations de motocross, racontent les journaux. Des chiffres qui leur permettent de toucher 17 francs de dividende par action, soit deux francs de plus que l'an dernier. C'est la 5e année consécutive que cette somme est en augmentation.

Du coup, EMS Chemie peut reverser à ses actionnaires 400 millions de dividendes, dont 277 rien que pour ses propriétaires, les filles de Christoph Blocher, qui contrôlent 70% de l'entreprise. Ce qui permet au clan de se hisser à la 3e place des familles les plus fortunées à la Bourse et de dépasser ainsi la famille Landolt, propriétaire de Novartis.

Le clan se situe en revanche encore loin des familles Oeri/Hoffmann qui détiennent à plus de 50% Roche (667 millions de dividendes) et de Klause-Michael Kühne, propriétaire de Kühne + Nagel (366,6 millions).

La fille Blocher au Conseil fédéral?

Magdalena Martullo-Blocher, 48 ans, PDG et vice présidente du conseil d'administration de EMS Chemie, est donc l'une des femmes les plus riches de Suisse. Elle est aussi conseillère nationale UDC à Berne. Et certains, à commencer par le président du parti Albert Rösti qui lui verrait même bien le potentiel d'entrer au Conseil fédéral. C'est du moins ce qu'il a dit mercredi au Blick.

Un jour plus tard, ses déclarations ne suscitent pas l'enthousiasme au Parlement. Ainsi, la conseillère nationale Kathy Riklin (PDC), interrogée par le Blick, estime que «nous n'avons pas en Suisse une tradition de dynasties familiales», tout en espérant que l'UDC aura d'autres candidates à présenter quand il sera temps de briguer un siège au Conseil fédéral. Sa collègue Margret Kiener Nellen (PS) est elle dubitative: «Cela m'étonnerait de toute manière que l'UDC présente une femme.»

Des similitudes et des différences

Pourtant, sa candidature pourrait être crédible. Du moins aux yeux du président du PBD, Martin Landolt, qui siège avec elle à la commission de l'économie. «J'ai confiance en ses compétences», dit-il. Pour lui, il ne faut pas la comparer à son géniteur Christoph Blocher. «Il y a des similitudes, mais aussi des différences. Elle est moins idéologique que son père», affirme-t-il.

Quant à la principale intéressée, elle laisse l'option d'une candidature ouverte, même si pour l'instant, elle n'entre pas en ligne de compte «puisque les deux sièges au Conseil fédéral sont bien occupés», rappelle-t-elle. « Je me concentre actuellement sur EMS-Chemie et mon mandat politique au Conseil national.»

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