Réchauffement climatique: Le climat en discussion à Lima
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Réchauffement climatiqueLe climat en discussion à Lima

La lutte contre le réchauffement de la planète va guider les négociations de la conférence de Lima, du 1er au 12 décembre, en vue d'un accord l'an prochain. La Suisse y participera.

La température moyenne du globe a déjà pris 0,8°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

La température moyenne du globe a déjà pris 0,8°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Les délégations des 195 pays membres de la Convention des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), qui se réunissent une fois par an au sein d'une Conférence des parties (COP), sont attendues dans la capitale péruvienne où doivent germer les grandes lignes d'un pacte pour limiter le réchauffement à 2°C. La Suisse sera elle aussi représentée à Lima.

La température moyenne du globe a déjà pris 0,8°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Le Giec, groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, a rendu en octobre une évaluation complète des questions climatiques (ampleur, impacts, scénarios pour l'atténuation et l'adaptation): la planète est sur une trajectoire dangereuse. Les coûts économiques sont supportables mais plus on agira tard, plus ce sera coûteux.

Dangers multiples

Tenir l'objectif de 2°C implique de se détourner massivement des ressources fossiles au profit des énergies non polluantes. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), ce sont deux tiers des réserves connues de fossiles qu'il faut laisser dans le sol pour y parvenir.

L'ampleur des émissions de gaz à effet de serre (GES) entraîne la planète vers une hausse de 3,6 et 4,8°C à la fin du siècle: une perspective synonyme d'évènements climatiques extrêmes à répétition, d'extinction de nombreuses espèces, de dangers pour la sécurité alimentaire et l'approvisionnement en eau potable dans plusieurs régions du monde.

Il n'est plus «trop tôt»

«Après les bonnes nouvelles de ces derniers temps, il y a un sentiment de possibilité», se réjouit Laurence Tubiana, la négociatrice pour la France. Elle se rappelle qu'en 2009, à Copenhague, «les gouvernements, notamment des pays en voie de développement disaient 'c'est trop tôt'». «Ce n'est plus le cas.»

Copenhague avait eu l'ambition de sceller un accord multilatéral mais, faute de consensus, le sommet fut un échec. D'où une méthode différente pour ce nouveau cycle de négociations entamé en 2010 à Durban, poursuivi à Cancun, Doha et Varsovie et maintenant Lima.

L'anticipation est le maître mot. D'ici mi-2015, les pays devront annoncer leur objectif de réduction des GES et la manière de le réaliser. Une compilation de ces «contributions nationales» permettra de juger de l'effort global, et problement du fossé à combler pour tenir le cap des 2°C.

A un an de la conférence de Paris, où le futur accord doit être finalisé pour une entrée en vigueur en 2020, Lima doit en définir les grandes lignes: quelle place réserver à l'adaptation des pays les plus vulnérables? quels financements pour décarboner les économies? quels transferts de technologies?

Dans un climat de défiance concernant l'argent qui sera mis sur la table avant et après 2020, la récente capitalisation du Fonds vert a apporté un peu d'air frais: 10 milliards de dollars ont été promis pour 2015-2018. Ce mécanisme sera l'un des canaux de financement, mais «ce ne sera pas le seul pour arriver aux 100 milliards annuels promis en 2020», rappelle Romain Benicchio d'Oxfam international.

Doris Leuthard du voyage

Une délégation suisse fera le voyage à Lima. Elle s'engagera pour que «des progrès notables» soient réalisés dans la préparation de l'accord de 2015, a indiqué l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les représentants helvétiques plaideront en outre pour que les besoins spécifiques des pays les moins développés soient pris en compte.

En ce qui concerne le Fonds vert, les délégués demanderont que sa mise sur pied soit précisée. Pour mémoire, la Suisse examine actuellement la possibilité de soutenir ce fonds par une contribution d'au moins 100 millions de dollars.

La conseillère fédérale Doris Leuthard sera également présente dans la capitale péruvienne du 9 au 11 décembre. La ministre de l'environnement en profitera pour rencontrer bilatéralement plusieurs de ses homologues, précise l'OFEV. (ats)

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