France: Le club qui ne peut pas monter
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FranceLe club qui ne peut pas monter

Depuis de longues semaines, le Luzenac AP et la Ligue française professionnelle s'affrontent. Le club midi-pyrénéen a gagné sa place en L2 sur le terrain, mais cela ne suffit pas.

par
rca
Le président de Luzenac, Jérôme Ducros, devant le Comité olympique français.

Le président de Luzenac, Jérôme Ducros, devant le Comité olympique français.

Luzenac, c'est une charmante bourgade de 600 habitants, située en Ariège, à l'extrême sud-ouest de la France. Luzenac, c'est aussi une équipe de foot dont l'ascension n'en finit plus. Champions de CFA2 (5e division) en 2005, puis de CFA (4e) en 2009, le LAP a ensuite terminé deuxième de National (3e) l'année dernière, obtenant sur le terrain sa place en 2e division française.

Ce qui devait être un conte de fées s'est bien vite transformé en cauchemar, pour une formation dont un certain Fabien Barthez est vice-président et également directeur général. En France, pour pouvoir gravir les échelons jusqu'aux ligues professionnelles, il faut montrer patte blanche. Tant sur le plan financier, que sur le plan des infrastructures.

Patte blanche

Il est bien évident qu'un village de quelque 600 âmes ne peut pas se permettre d'ériger une enceinte de plusieurs milliers de places. C'est pourquoi le club a déjà déménagé au mois de novembre 2013 à Foix, à 35 kilomètres de là, pour se mettre en conformité avec les exigences de la ligue. Le stade Paul-Fédou, leur terrain d'origine, était en pente?

Cet été, l'enceinte de Foix a elle aussi été jugée insuffisante pour accueillir de la Ligue 2. Les Luzenaciens ont donc pris contact avec le club de rugby de Toulouse (à 120 kilomètres!), pour lui emprunter le Stade Ernest-Wallon (19'500 places). Problème: selon la LFP il y avait encore quelques menus travaux à y effectuer (vidéosurveillance entre autres?) et le dossier des Ariégeois ne semble pas être parvenu à temps aux autorités footballistiques.

Depuis, un incroyable imbroglio oppose les deux entités. La Ligue fait le dos rond et refuse d'intégrer Luzenac au sein de sa 2e division, pendant que le club multiplie les recours devant toutes les juridictions possibles. Les premiers crient au manque de professionnalisme, tandis que les seconds s'estiment être victimes d'un «délit d'amateurisme».

Entraînement dans la vide

Et pendant ce temps-là, les joueurs sous contrat avec cette formation n'ont toujours pas mis de crampons sur les terrains et s'entraînent dans le vide. Quatre journées ont déjà été jouées en Ligue 2 et trois en National. Luzenac AP, lui, reste à zéro. Aujourd'hui, c'est même l'existence même de cette entité qui est remise en cause.

Fabien Barthez commence d'ailleurs à trouver le temps long. L'ancien gardien de l'OM et de Manchester United en a gros: «Je crains que ce club disparaisse parce qu'il ne faut pas oublier que c'est une vingtaine de joueurs sur le carreau, a-t-il regretté au micro de RTL. Vous laissez de l'administratif donc cela va mettre quarante personnes au chômage. Vous laissez des bénévoles, des supporters... Vous avez mis une structure en place avec docteurs, kinés, ostéopathes... Tout peut tomber à l'eau.»

En début de semaine, devant le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le club et la Ligue n'avait pas réussi à se mettre d'accord. Dans la foulée, le conseil d'administration de la LFP a une nouvelle fois repoussé les demandes de Luzenac. Puis, jeudi, les Ariégeois ont encore déposé un référé devant le Tribunal Administratif de Toulouse pour obtenir satisfaction. Les joueurs ne sont pas près de retrouver la pelouse.

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