Actualisé 27.07.2011 à 21:43

Libye Le CNT, «seul gouvernement légitime»

La Grande-Bretagne a reconnu mercredi le Conseil National de Transition (CNT) comme seul «gouvernement légitime» de Libye et l'a invité à prendre possession de l'ambassade libyenne à Londres.

«Le premier ministre et moi-même avons décidé que le Royaume-Uni reconnaît le Conseil national de Transition et traitera avec lui comme seule autorité gouvernementale en Libye», a déclaré lors d'une conférence de presse le chef de la diplomatie britannique, William Hague.

A Londres, le Foreign Office a également annoncé mercredi que la Grande-Bretagne avait signifié leur expulsion aux derniers diplomates libyens encore en poste à Londres et invité le CNT à prendre possession de l'ambassade.

M. Hague a salué les engagements du CNT en faveur «d'une Libye plus ouverte et démocratique». L'évolution de l'opposition «est à l'opposé de la démarche de Kadhafi qui a perdu toute légitimité du fait de sa brutalité à l'encontre du peuple libyen», selon lui.

Tripoli critique

Le chef du CNT, Moustafa Abdeljalil, a salué la décision de la Grande-Bretagne, exprimant sa «très grande estime» après cette reconnaissance». De son côté, le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères a qualifié mercredi d'»irresponsable» et d'»illégal» la reconnaissance par la Grande-Bretagne du CNT).

Il a ajouté que que le régime libyen allait entreprendre «les actions nécessaires» devant les tribunaux britanniques et internationaux, contre la décision de Londres. Il a accusé le chef de la diplomatie britannique d'agir d'une façon «inacceptable et non objective».

Premier parti créé à Benghazi

A Benghazi, fief de la rébellion, des expatriés libyens ont annoncé mardi avoir créé un parti politique, une première depuis des décennies dans ce pays dirigé d'une main de fer par le colonel Kadhafi depuis près de 42 ans.

«Nous nous appelons le Parti de la Nouvelle Libye parce que tout a été détruit», a expliqué Ramadan Ben Amer, l'un des co-fondateurs du parti à l'AFP. «Kadhafi dit qu'il a construit la Libye pierre après pierre, mais, notamment à Benghazi, il l'a détruite pierre après pierre».

D'après lui, 2000 personnes ont déjà rejoint la nouvelle formation. La plupart habitent Benghazi, sa ville natale, et Derna, celle de Rajad Mabrouk, l'autre fondateur du mouvement.

La Nouvelle Libye, précise-t-il, est soutenue par quelque 20'000 expatriés vivant aux Etats-Unis, au Canada ou en Allemagne. Ingénieur en pétrochimie formé en Californie, M. Amer souligne que son parti souhaite une démocratie fédérale, avec une séparation claire entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, sur le modèle américain.

Enlisement diplomatique

Malgré ces deux avancées pour la rébellion, la situation au niveau diplomatique semblait plus enlisée que jamais. L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Adbel-Elah Al-Khatib, n'a fait état d'aucun progrès à l'issue de ses discussions en début de semaine avec des représentants du CNT, organe politique de la rébellion, à Benghazi (est), puis avec le Premier ministre libyen Baghdadi Al- Mahmoudi mardi à Tripoli.

«Il apparaît clairement sur la base des discussions à Tripoli et Benghazi (...) que les deux camps restent loin d'un accord sur une solution politique», a-t-il commenté.

M. Abdeljalil a indiqué de son côté que le CNT a offert à Mouammar Kadhafi de quitter le pouvoir tout en restant dans le pays mais que la date-butoir pour cette proposition est désormais «dépassée». sans préciser depuis quand cette suggestion était échue.

Le CNT avait remis à l'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Abdel Ilah Khatib, «une offre très précise, bien intentionnée, prévoyant que Kadhafi pouvait rester en Libye sous trois conditions», a-t-il indiqué.

Selon cette offre, Mouammar Kadhafi devait abandonner le pouvoir et renoncer à toutes ses responsabilités et son lieu de résidence aurait été «le choix du peuple libyen» et aurait été placé sous «surveillance étroite», a-t-il également ajouté.

(ats)

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