Le collectif Rhino a peur de la «méthode Zappelli»
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Le collectif Rhino a peur de la «méthode Zappelli»

Genève – Les mesures suspensives demandées par le collectif Rhino ont été rejetées par le tribunal. Les squatters craignent le pire.

Une évacuation du squat selon la «méthode Zappelli» est-elle imminente? «La colère serait alors la seule réponse», signalait la semaine dernière Maurice Pier, porte-parole du collectif Rhino. Vendredi, une quarantaine de personnes ont manifesté leur mécontentement en abandonnant des couches-culottes utilisées devant les portes, closes, des magistrats Cramer, Moutinot et Muller. La secrétaire de ce dernier a été bousculée. Des plaintes ont été déposées. Cette action a suscité une réaction politique sans précédent. Une coalition, composée de libéraux, de démocrates-chrétiens, de radicaux et de l'UDC a demandé que «l'Etat de droit soit enfin appliqué». Dans une lettre ouverte, l'Entente s'offusque contre ces pratiques, qu'ils jugent «salissantes», plus encore pour les auteurs de ces faits que pour les locaux souillés par des excréments. A quelles voies juridiques peuvent encore recourir les squatters du bâtiment à la corne rouge? Aucun, selon leur avocat, Me Pierre Bayenet, qui attend toutefois encore la décision du Tribunal des baux et loyers. Ce dernier doit se prononcer, après dix-neuf ans d'occupation des locaux, sur l'existence ou pas d'un bail tacite. Ce verdict pourrait n'avoir que peu d'influence sur une évacuation de Rhino. En effet, la «méthode Zappelli» permet de transformer un banal contrôle d'identité en expulsion.

Shahïn Ammane

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