vaud: Le combat débute pour les partisans de la mendicité
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vaudLe combat débute pour les partisans de la mendicité

Une association combat l'initiative de l'UDC qui prône une interdiction générale de la manche dans le canton. Le texte sera lancé cette semaine.

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Caroline Gebhard/Joël Espi
Un homme s'est déguisé en ours dans les rues de Lausanne pour mendier. (Voir encadré)

Un homme s'est déguisé en ours dans les rues de Lausanne pour mendier. (Voir encadré)

«Je ne te donne rien car tu vas donner l'argent à ton chef.» Ce discours, les Gitans du chef-lieu vaudois le connaissent bien. C'est précisément contre l'idée que les mendiants seraient organisés en réseaux qu'Opre Rrom, association lausannoise d'action et de solidarité avec les Roms, veut lutter. «Il n'y a pas de mafia, c'est un mensonge, a martelé sa présidente, Véra Tchérémissinoff. Elle s'exprimait lors de la Journée internationale des Roms, hier. Ces gens viennent ici pour trouver de quoi subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.»

Ce message, l'association le délivrera à la population ces prochaines semaines, en marge de la récolte de signatures de l'UDC Vaud pour une interdiction générale de la mendicité. Pour Opre Rrom, le combat s'annonce rude. Mais un espoir subsiste. Il réside dans un arrêt de la Cour constitutionnelle autrichienne daté de juin. Elle stipule que l'interdiction totale de la mendicité viole la Convention européenne des droits de l'homme. Une décision sur laquelle l'association entend s'appuyer pour combattre les effets de l'initiative UDC, si celle-ci est acceptée. A Genève, où une telle interdiction existe, les défenseurs des Roms s'y réfèrent déjà. Mais pour l'UDC Vaud, l'argument ne tient pas.

«C'est la jurisprudence du Tribunal fédéral qui fait foi», indique son secrétaire général, Claude-Alain Voiblet. En 2008, la Haute Cour avait jugé que la législation genevoise constituait une base légale suffisante pour interdire la mendicité.

Un déguisement pour tromper la loi

Comme Kenzo (en photo plus haut), ), les Roms ont parfois recours à des techniques originales pour mendier. «Les enfants viennent vers moi, on se fait prendre en photo», confie ce Roumain déguisé en ours, à Lausanne. L’application du nouveau règlement sur la mendicité y est attendue pour lundi. Mais si, comme Kenzo, un Rom dispose d’une autorisation pour musicien ou pour «faire la statue», il ne devrait pas être sanctionné. La police réagira en fonction des cas et sévira si l’artiste a pour seul but de réclamer l’aumône et ne «fournit pas de contre-prestation».

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