Le complice de Jérôme Kerviel inculpé
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Le complice de Jérôme Kerviel inculpé

Jérôme Kerviel n'est plus le seul à être poursuivi dans l'enquête sur les pertes de 4,9 milliards d'euros de la Société générale.

Depuis vendredi, l'ancien assistant du trader est mis en examen, la justice le soupçonnant de l'avoir aidé à saisir des opérations fictives.

Lundi, Jérôme Kerviel a été entendu près de quatre heures par les juges d'instruction en charge de ce dossier. Avant son audition, l'un de ses avocats, Me Eric Dupond-Moretti, a déclaré à la presse avoir «le sentiment que la banque française instrumentalise la justice pénale pour tenter de désigner un responsable». Le 23 juillet, l'ex-trader de Société Générale avait été confronté au directeur du département dérivés-actions, Christophe Mianné.

«J'ai le sentiment que la Société générale instrumentalise la justice pénale pour tenter de désigner un responsable. Auprès de qui? De ses clients, de l'opinion publique et auprès des marchés américains», a déclaré l'un des nouveaux avocats du trader, Me Eric Dupond-Moretti, à la presse.

«Cette affaire se résume de façon très simple: tant que la Société générale gagne du fric, je dis du bien du fric, tout va très bien. A partir du moment où, entre le 18 et le 23 janvier (NDLR: entre la découverte des pertes et la révélation de l'affaire), la Société générale pense qu'elle peut perdre de l'argent, Kerviel devient aux yeux du monde, de la Société générale, responsable de tout. C'est ça l'histoire», a-t-il estimé.

Vendredi, l'ancien assistant de Jérôme Kerviel, Thomas Mougard, 24 ans, s'est vu notifier sa mise en examen pour «complicité d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique», a-t-on appris lundi de source judiciaire. Sa mise en examen fait suite à un réquisitoire supplétif du parquet de Paris en date du 2 juillet. M. Mougard avait déjà été entendu comme témoin assisté par les juges d'instruction. Les faits qui lui sont reprochés couvrent une période allant de courant 2007 à janvier 2008.

La justice soupçonne l'assistant d'avoir aidé sciemment Jérôme Kerviel à saisir des opérations fictives dans le système informatique de la banque, a-t-on précisé une source judiciaire. Les nouveaux avocats du trader ont expliqué lundi à l'issue de son audition qu'ils s'attendaient à cette mise en examen.

Début juillet, Jérôme Kerviel a changé d'avocats et de communicant. La nouvelle équipe exclut tout changement de stratégie dans la défense du trader. «Nous avons une volonté de recherche de la vérité», s'est emporté Me Bernard Benaïem avant de parler de «défense offensive».

La défense souhaite désormais que l'instruction se prolonge afin de déterminer s'il n'y a pas une responsabilité de la banque dans ses pertes. «On a entendu un comptable qui explique comment on a placé dans la comptabilité les opérations de Jérôme Kerviel», a poursuivi l'avocat avant l'audition.

«Nous verrons si Jérôme Kerviel est responsable de tout, du malheur des petits actionnaires, des licenciements, parce que évidemment la Société générale a placé ça sur le registre du compassionnel pour tenter de désigner l'affreux salopard de Kerviel qui a touché des primes exceptionnelles parce qu'il était un trader considéré comme exceptionnel», a-t-il conclu.

Jérôme Kerviel a été mis en examen le 28 janvier pour «faux et usage de faux», «abus de confiance» et «intrusion dans un système de données informatiques». (ap)

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