Yverdon: Le concert menacé s'est mué en camp retranché
Actualisé

YverdonLe concert menacé s'est mué en camp retranché

Proie d'un corbeau, l'Amalgame était sous haute surveillance vendredi. La facture sera salée.

par
Carole Pantet

Une entrée ceinturée de dizaines de barrières, une haie de policiers, casques à la ceinture, et des agents de sécurité disséminés dans toute la salle: l'Amalgame avait des airs de camp retranché vendredi soir.

Dans la salle de concert pourtant, rien d'autre qu'une cinquantaine de punks et de gothiques au look étudié. Ils y ont dansé sagement sur les râles electro-médiévaux d'un groupe allemand revisitant les Croisades.

La raison d'un tel excès sécuritaire? Un mail envoyé par un corbeau «antifasciste» menaçant la salle d'une action violente en cas de maintien du concert de Heimataerde. En référence: la «descente punitive» commise à Fribourg dans le bar Elvis et moi. La menace a été prise très au sérieux par les autorités locales et policières. Après s'être assurées que le groupe Heimataerde n'avait rien de tendancieux, elles ont décidé de ne pas fléchir.

«J'ai été épaté de leur soutien et de la gravité avec laquelle ils ont évalué la situation», s'enthousiasme Patrick Schwab, président de la salle. L'affaire est même remontée jusqu'à la police fédérale, présente à l'Amalgame par le biais d'un observateur. Cet important dispositif a permis au concert de se dérouler dans le calme le plus complet. Mais à quel prix?

L'Amalgame a dû débourser 2000 fr. pour garantir la sécurité à l'intérieur de la salle. La Ville l'a aidé à hauteur de 3000 fr. Une somme à laquelle s'ajoutera le coût de la mobilisation de 15 policiers pendant plusieurs heures. S'il est démasqué, le corbeau s'expose à une amende salée. Et la justice y travaille.

Ton opinion