SUISSE: Le conflit entre les générations s’aggrave
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SUISSeLe conflit entre les générations s’aggrave

Les jeunes pensent qu’ils doivent faire trop de sacrifices pour leurs aînés et ceux-ci en pensent tout autant à leur égard, selon une étude en vue du Symposium de St. Gall. Une initiative sera lancée.

Les générations sont très critiques l’une envers l’autre, selon une étude.

Les générations sont très critiques l’une envers l’autre, selon une étude.

AFP

«Que nous soyons jeunes ou vieux, nous constatons tous que nous nous éloignons les uns des autres dans certains domaines». C’est le constat de Felix Rüdiger, chercheur et responsable du contenu et de la recherche au Symposium de St-Gall, dont la 51e édition se tiendra les 5 et 6 mai. L’homme et son équipe ont mené une étude sur 683 cadres de demain et 300 décideurs actuels de l’économie, avec la collaboration de l’Institut de Nuremberg pour les décisions de marché.

Trop de sacrifices attendus

Selon cette étude, dans chacune des générations, une majorité des sondés a le sentiment que l’autre génération attend trop de sacrifices de sa part. Ainsi dans le domaine du climat, les jeunes, qui descendent depuis des années dans la rue, demandent aux plus âgés de s’engager davantage. À l’inverse, pendant la pandémie de Covid, les plus âgés ont exigé beaucoup de la part des jeunes, notamment en matière de loisirs et de rencontres sociales, explique Felix Rüdiger. Dans les deux cas, il s’agit pour une génération d’exiger de l’autre une adaptation du comportement afin de rendre possible une cohabitation constructive.

Les sacrifices seraient également exigés dans le domaine du travail, selon l’étude. Les jeunes attendent des plus âgés avec qui ils collaborent qu’ils suivent eux aussi les évolutions technologiques et soient à niveau sur le plan des réseaux sociaux. Tandis que pour les seniors, la question de la responsabilité est primordiale. Ainsi 60% des dirigeants interrogés ont estimé que les jeunes – soit les leaders de demain – ne montraient pas assez de volonté pour assumer des responsabilités.

Un quota de jeunes cadres obligatoire?

Les patrons tiennent en outre à ce que les jeunes soient davantage impliqués dans les décisions importantes. Quelque 66% sont même favorables à l’introduction de quotas de jeunes cadres en politique et en économie, afin de garantir que la jeune génération soit suffisamment impliquée dans les décisions porteuses d’avenir.

À noter cependant que les deux générations partagent quand même une même vision pour l’avenir. Toutes deux estiment que la crise climatique, l’éducation et un système de santé solide sont essentiels. Des divergences apparaissent quand même dans l’évaluation de l’urgence, les jeunes – des «pessimistes utopistes» qui ont de grandes attentes mais qui pensent qu’elles ne seront pas remplies - étant plus pressés que leurs aînés, qualifiés de «pragmatiques optimistes» avec des objectifs peu élevés mais qui croient en leur réalisation.»

En outre, les chercheurs ont constaté une grande volonté d’aborder les défis ensemble. «Dans les deux groupes, plus des deux tiers pensent que les chances d’une collaboration fructueuse entre les générations sont bonnes, voire très bonnes. Cela nous rend optimistes», estime Felix Rüdiger. Ces conclusions doivent être discutées lors du 51e Symposium de St-Gall les 5 et 6 mai. Une réunion au cours de laquelle une initiative globale pour un nouveau contrat générationnel doit être lancée en collaboration avec le Club de Rome.

Une plateforme pour le dialogue

(dag/cht)

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