Actualisé 26.11.2014 à 17:51

Suisse

Le conflit fiscal freine les banques étrangères

Les petites banques étrangères en Suisse ont mis en veille leurs projets de croissance à cause du programme américain de régularisation fiscale.

Tel est le cas de la Banque Internationale à Luxembourg (BIL) Suisse. En livrant les documents requis bien à l'avance, l'établissement espérait régler l'affaire au plus tard en octobre, a-t-il indiqué mercredi à Zurich dans le cadre d'une rencontre organisée par l'Association des Banques étrangères en Suisse (ABES).

Or entre-temps, les autorités de l'oncle Sam ont ajourné le programme. «Pour nous, c'est une épée de Damoclès», juge Michel Wohl, de la BIL. Non sans impact sur les affaires. L'institut veut accroître ses avoirs sous gestions de 2 à 5 milliards de francs, et ce par le rachat de portefeuilles individuels ou d'une banque.

Effet paralysant

Mais rien ne se concrétise en raison, en partie, du conflit fiscal. Aucune banque ne veut prendre un risque encore difficile à mesurer, indique M. Wohl. Ce dernier s'attend néanmoins à ce que les choses bougent une fois le litige surmonté.

Martin Maurer, directeur de l'ABES s'attend lui aussi à une reprise des acquisitions. «Il y a beaucoup d'opérations en suspens», dit-il. Il existe, selon lui, d'autres raisons à cet attentisme, notamment la situation de clients européens qui ne sont toujours pas en conformité fiscale.

Selon M. Maurer, le différend avec les Etats-Unis a eu un effet paralysant jusqu'au début 2014, lorsque le DoJ a détaillé son plan à l'attention des banques suisses. Dans l'intervalle, certains rachats ont tout de même été réalisés, qui portaient avant tout sur des segments d'activité aux risques calculables.

Bon accueil aux Chinois

M. Maurer a par ailleurs relevé que l'exode et la vente d'établissements étrangers s'étaient apaisés. Mais une nouvelle vague risquait de survenir avec la finalisation de la nouvelle réglementation.

Le directeur de l'ABES a encore plaidé pour que la place financière helvétique réserve le meilleur accueil possible aux grandes banques chinoises. «Nous devons simplement leur dire que la Suisse est plus intéressante que le Luxembourg ou que Londres, car nous sommes une place financière plus importante», a-t-il déclaré en entretien avec AWP Vidéo.

La volonté politique existe. Mais la Suisse a quelque peu négligé cette évolution, estimant que les banques de l'Empire du Milieu viendraient d'elles-mêmes, a déploré M. Maurer. (ats)

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