Syrie: Le conflit s'étend à la Turquie

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SyrieLe conflit s'étend à la Turquie

L'OTAN a donné son accord pour fournir des missiles à la Turquie afin qu'elle défende sa frontière syrienne.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki- moon a dit mardi sa crainte de voir la Syrie devenir un «champ de bataille régional». Au même moment, la Turquie affirmait être sur le point de demander à l'Otan le déploiement de missiles Patriot le long de sa frontière avec la Syrie.

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a annoncé mardi que son pays était dans «l'ultime phase» de discussions avant de transmettre à l'Otan une demande formelle de déploiement de missiles sol-air Patriot, «une mesure de précaution, spécifiquement orientée vers la défense», à sa frontière avec la Syrie.

Ces derniers mois, la Turquie a progressivement renforcé son dispositif de sécurité le long de la frontière, au fur et à mesure que la tension s'accentuait avec son voisin, notamment après qu'un tir d'obus syrien a provoqué la mort de cinq civils turcs début octobre.

Reconnaissance britannique

Sur le plan diplomatique, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, en visite au Caire, s'est dit «profondément préoccupé par la militarisation continue du conflit, les violations abominables des droits de l'Homme et le risque de voir la Syrie devenir un champ de bataille régional avec la violence qui s'intensifie».

De son côté, le Royaume-Uni a reconnu à son tour la nouvelle Coalition de l'opposition syrienne comme «seul représentant légitime du peuple syrien» et l'a invitée à nommer un représentant à Londres.

Ce faisant, Londres est allé au delà des positions plus prudentes de l'Union européenne et des Etats-Unis, la première s'étant bornée à reconnaître la coalition comme «représentante légitime des aspirations du peuple syrien» tandis que Washington la considère comme «une représentante légitime».

Les rebelles ont quant à eux annoncé mardi la création d'un service de renseignements visant à protéger «les fils de la révolution contre les attentats, arrestations et assassinats», mais aussi à rechercher ceux qui au sein de la rébellion commettent des exactions, selon une vidéo diffusée sur YouTube par un porte-parole de l'ASL (Armée syrienne libre).

Famille assassinée

Sur le terrain, l'agence officielle Sana a annoncé qu'à Marjé (banlieue sud d'Alep), «dix personnes appartenant à la famille d'Abdel Rahmane Jleylati et de son frère Abdel Majid ont été tuées par des terroristes après qu'elles soient rentrées chez elles». Aucune précision n'a été donnée sur la manière dont ces civils ont été assassinés.

Dans le nord de la Syrie, des opposants ont capturé plusieurs secteurs d'une vaste base aérienne située à Cheikh Souleiman, à 18 km de la frontière turque et 30 km au nord-ouest d'Alep, rapportent des sources proches de l'opposition.

A Ras al-Aïn (nord-est), les affrontements entre insurgés et combattants kurdes ont fait au moins 29 tués en 24 heures, dont 24 membres des groupes islamistes radicaux Front al-Nosra et Gharba al- Sham, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Actuellement 35 Kurdes, population accusée de soutien au régime, sont prisonniers des rebelles et onze insurgés des Kurdes, selon des militants de Ras al-Aïn.

«Marche sur Damas»

La capitale de la Syrie a aussi été le théâtre mardi de combats acharnés. Le corps d'élite de la Garde républicaine, épaulé par des chars, s'est lancé à l'assaut du bastion rebelle de Daraya, au sud- ouest de Damas, après plusieurs jours de bombardements aériens qui ont tué douze insurgés et fait fuir des milliers d'habitants.

A Mezze, quartier aisé au coeur de la capitale, le bâtiment du ministère de l'Information a été touché par deux obus de mortier, a dit la télévision d'Etat sans faire état de victimes.

Les forces de Bachar al-Assad semblent se préparer à une intensification des attaques alors que cette semaine a été baptisée «semaine de la marche sur Damas» par les rebelles. De nouveaux points de contrôle ont été érigés autour de la capitale et de nouvelles restrictions de déplacement sont entrées en vigueur dans certains quartiers de la capitale.

(ats)

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