Etats-Unis - Le Congrès replonge dans l’attaque «moyenageuse» du 6 janvier
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États-UnisLe Congrès replonge dans l’attaque «moyenâgeuse» du 6 janvier

Une commission a entamé, mardi, son enquête sur l’attaque de partisans de Donald Trump sur le Capitole, le 6 janvier, qui visait à faire «dérailler la démocratie».

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Les partisans de Donald Trump avaient littéralement pris d’assaut le Capitole pour empêcher l’investiture de Joe Biden.

Les partisans de Donald Trump avaient littéralement pris d’assaut le Capitole pour empêcher l’investiture de Joe Biden.

Reuters
Le policier Aquilino Gonel a cru sa «dernière heure venue» lors de l’assaut du Capitole.

Le policier Aquilino Gonel a cru sa «dernière heure venue» lors de l’assaut du Capitole.

Getty Images via AFP
Un autre policier du Capitole, Michael Fanone, qui a subi un arrêt cardiaque et un traumatisme crânien lors de l’assaut, a dit avoir été «attrapé, battu» et «traité de traître» par les protestataires.

Un autre policier du Capitole, Michael Fanone, qui a subi un arrêt cardiaque et un traumatisme crânien lors de l’assaut, a dit avoir été «attrapé, battu» et «traité de traître» par les protestataires.

Getty Images via AFP

Une «attaque coordonnée» contre la démocratie, une «bataille moyenâgeuse»: élus et témoins ont rappelé, mardi, la gravité de l’assaut sur le Capitole, à l’ouverture des travaux d’une commission d’enquête parlementaire qui suscite de vives controverses à Washington.

Le coup de force de partisans de Donald Trump, avec pour cible le siège du Congrès, visait à faire «dérailler la démocratie» américaine, a rappelé d’emblée l’élu démocrate Bennie Thompson, qui dirige ces travaux.

«Un plan coordonné»

En forçant l’entrée du Capitole au moment où les élus certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle, ils «voulaient faire dérailler la transition pacifique du pouvoir», a-t-il ajouté, en évoquant un «plan d’attaque coordonné».

«Aucun membre du Congrès ne devrait essayer de réécrire ce qui s’est passé ce jour-là.»

Liz Cheney, élue républicaine

Pourtant, aujourd’hui, certains essaient «d’étouffer ou de brouiller» les faits, a relevé sa consœur républicaine Liz Cheney, l’une des rares critiques de Donald Trump au sein du Grand Old Party, qui a accepté de siéger au sein de cette commission.

«Aucun membre du Congrès ne devrait essayer de réécrire ce qui s’est passé ce jour-là», a lancé la fille de Dick Cheney - qui fut vice-président de George W. Bush, de 2001 à 2009 - dans une critique implicite de ses collègues qui mènent une croisade pour protéger l’ancien président.

L’émotion des policiers

Avec une vive émotion, plusieurs agents de police en uniforme ont ensuite rappelé la violence physique et verbale de l’attaque, qui a profondément choqué l’Amérique et le monde.

«On a lutté au corps à corps, centimètre par centimètre, pour empêcher l’invasion. J’ai pensé que j’allais mourir comme ça.»

Aquilino Gonell, policier au Capitole

«Ça ressemblait à une bataille moyenâgeuse. On a lutté au corps à corps, centimètre par centimètre, pour empêcher l’invasion», a décrit Aquilino Gonell. «J’ai pensé que j’allais mourir comme ça», a-t-il confié en essuyant des larmes.

Un autre policier, Michael Fanone, qui a subi un arrêt cardiaque et un traumatisme crânien lors de l’assaut, a dit avoir été «attrapé, battu» et «traité de traître» par les protestataires. Tapant du poing sur la table, il a dénoncé «l’indifférence» de certains face au traumatisme des forces de l’ordre.

Bras de fer politique

La commission, qui aura le pouvoir de réclamer des documents et de convoquer des témoins, a fait l’objet d’un bras de fer politique qui pèse sur sa crédibilité.

En janvier, les responsables des deux partis avaient pourtant tous condamné l’attaque sur le Capitole, le leader républicain à la Chambre, Kevin McCarthy, allant jusqu’à évoquer la part de «responsabilité» de Donald Trump, qui avait harangué la foule avec ses allégations infondées de «fraudes électorales», quelques instants plus tôt.

Mais l’ancien président, toujours très populaire au sein d’une partie de la population, a vite réaffirmé son emprise sur le parti, ce qui lui a permis d’être acquitté en février, à l’issue d’un procès au Congrès pour «incitation à l’insurrection».

Son refus de toute remise en question a ensuite poussé les républicains, qui disposent d’une minorité de blocage au Sénat, à torpiller la création d’une commission d’enquête indépendante composée d’experts nommés par les deux partis, comme celle mise en place après les attentats du 11 septembre 2001.

550 arrestations

Les enquêtes judiciaires en cours - plus de 550 personnes ont été arrêtées - et les auditions déjà menées au Congrès pour comprendre les manquements des services de renseignement, de police ou de l’armée suffisent amplement, avaient-ils justifié.

Après ce revers, les démocrates ont avancé seuls, avec la présidente de la Chambre Nancy Pelosi à la manœuvre. Le 24 juin, elle a annoncé la création d’une «commission spéciale» composée d’élus et dit espérer que Kevin McCarthy nomme «des gens responsables» pour en faire partie.

Que deux républicains

Près d’un mois plus tard, elle retoquait deux des parlementaires choisis par le responsable républicain, dont l’élu Jim Jordan, connu pour ses outrances et sa fidélité absolue envers Donald Trump. En représailles, Kevin McCarthy a retiré les autres membres de son parti sélectionnés pour siéger dans cette commission.

Seuls deux républicains, directement choisis par Nancy Pelosi, ont accepté de participer: Liz Cheney et Adam Kinzinger, rares voix du Grand Old Party à oser ouvertement critiquer Donald Trump, dont ils avaient voté la mise en accusation.

La commission est «une imposture» et «personne ne croira son rapport», a encore tonné, mardi, Kevin McCarthy.

Pour Donald Trump, c’est la faute de Nancy Pelosi

Donald Trump a quant à lui jugé cette commission «hautement partiale», dans un communiqué lundi, semblant attribuer sans fondements une partie de la responsabilité des événements du 6 janvier à Nancy Pelosi. «Nancy enquêtera-t-elle sur elle-même?» s’est interrogé l’ancien président républicain.

(AFP)

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