Rejetés de partout: Le congrès UDC menacé par des... batraciens
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Rejetés de partoutLe congrès UDC menacé par des... batraciens

Chassé de Beaulieu, puis de l'Université de Lausanne, le parti agrarien pensait avoir réglé ses problèmes en organisant son assemblée dans un champ. C'était compter sans les défenseurs de la nature.

par
Raphaël Pomey
Le député UDC Jean-Marc Sordet devant le champ dont il est l'exploitant, sur lequel l'UDC doit se réunir. (photo:POM)

Le député UDC Jean-Marc Sordet devant le champ dont il est l'exploitant, sur lequel l'UDC doit se réunir. (photo:POM)

Quand cela finira-t-il? Quelques jours après avoir annoncé son désir de se réunir dans un champ de Coinsins (VD), faute d'avoir trouvé une salle dans le canton de Vaud, l'UDC se retrouve avec une épine dans le pied pour le moins inattendue dans l'organisation de son grand rassemblement national. Sans le savoir, le parti agrarien a jeté son dévolu sur un secteur qui abrite un site d'importance nationale pour la reproduction des batraciens!

Le droit de se réunir et celui de se reproduire

«C'est une petite parcelle du terrain», explique Catherine Strehler Perrin, conservatrice de la nature pour le canton de Vaud. Selon elle, l'embûche n'est pas de nature à empêcher la tenue de l'événement, «à condition que nous ayons les garanties que le milieu ne sera pas perturbé». La pose de clôtures autour du lieu de vie des batraciens, des crapauds en l'occurrence, est entre autre exigée. «S'ils installent des WC mobiles, ce serait bien de ne pas les poser par là, tout comme il serait bon que les voitures ne se parquent pas à proximité.» Et de préciser que si l'UDC a le droit se réunir, les batraciens ont aussi -eux- le droit se reproduire. Un mail a été envoyé aux agrariens pour transmettre ces demandes par écrit.

«On dirait qu'on organise le Paléo!»

Coordinateur romand de l'UDC, Claude-Alain Voiblet n'en peut plus: «Quand la conservatrice de la nature a pris contact avec moi, j'ai d'abord cru que c'était une blague! Nous avons déjà été rejeté de Beaulieu et de l'Unil, maintenant on nous met des bâtons dans les roues dans ce champ, mais où va s'arrêter le ridicule!» Alors que son parti prévoit des infrastructures légères pour sa manifestation, il juge incroyable qu'on lui demande des garanties dans des domaines aussi divers que la protection des eaux et du sol, de la sécurité, et désormais de la reproduction des batraciens. «On dirait que nous organisons un festival sur 5 jours!» Il annonce que l'UDC enverra une lettre au Conseil d'Etat vaudois pour protester contre les innombrables difficultés que le parti rencontre pour se réunir dans le canton.

Un plan dans les mains de l'UDC

«Les questions de protections des amphibiens n'ont pas de rapport avec le fait que ce soit l'UDC qui se réunisse», tempère Alain Maibach, conseiller scientifique spécialiste des batraciens pour le canton de Vaud. «Mais il y a dans la prairie-même, ainsi que dans la forêt alentour, des crapauds très spéciaux qui se développent dans des micro-flaques. En réunissant 1000 personnes à cet endroit, il y a des notamment des risques de piétinement.» Le scientifique ajoute que l'organisateur du congrès a reçu un plan avec les zones qui doivent être tenues à l'écart de toute présence humaine. Les zones sensibles se situent au nord ouest et au sud ouest de la prairie.

Pas d'opposition de principe de la commune

De son côté, le syndic de Coinsins, Olivier Dürst rappelle qu'il n'est pas formellement opposé à la tenue de l'événement. «Ce parti est le plus gros de Suisse. S'il obtient les autorisations nécessaires, rien ne s'opposerait à ce qu'il se réunisse chez nous. C'est une questions de respect des règles démocratiques.» Aucune décision n'a toutefois déjà été prise pour l'heure.

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