Actualisé 16.02.2017 à 05:36

Neuchâtel

Le conseil d'administration d'HNE démissionne

Trois jours après le refus dans les urnes de la politique hospitalière, le conseil d'administration a annoncé renoncer, mercredi.

Hôpital neuchâtelois a connu un véritable camouflet, dimanche.

Hôpital neuchâtelois a connu un véritable camouflet, dimanche.

Keystone

Suite à l'acceptation dimanche de l'initiative «Pour deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires», le gouvernement neuchâtelois va tout mettre en oeuvre pour l'appliquer, a déclaré mercredi le conseiller d'Etat Laurent Kurth. Le Conseil d'Etat a pris acte de la démission du conseil d'administration de l'HNE, qui s'est «énormément engagé».

«Nous allons fixer les lignes directrices dans les prochaines semaines pour donner plus de clarté et éviter l'incertitude à ceux qui font l'HNE (Hôpital neuchâtelois) au quotidien», a expliqué devant la presse le chef du Département des finances et de la santé. Le but est d'arriver «à un premier résultat d'ici à l'été».

Le Conseil d'Etat va constituer à brève échéance un groupe de travail qui sera chargé d'émettre des propositions concernant les principes d'organisation future et les modalités de transition. Ce groupe sera présidé par une personnalité choisie en dehors des autorités cantonales et communales. Son nom sera communiqué dans quelques jours.

Le groupe de travail sera composé des membres (une dizaine) de la conférence des directeurs communaux de la santé, d'un représentant du Groupe de travail inter-partis sur l'hôpital (GTIH), à l'origine de l'initiative, d'un ou deux représentants du service de santé publique, d'un représentant du service juridique de l'Etat et d'un ou de deux représentants de la direction générale de l'HNE.

Les questions à régler sont nombreuses et complexes. Seront abordés notamment le sort du personnel à transférer, les actifs (immeubles, équipements) à évaluer, à répartir ou à dédoubler ou par exemple le modèle de financement à établir. De nouvelles entités seront également à instituer. «La structure qui devra chapeauter les deux hôpitaux est encore à définir», a déclaré Laurent Kurth.

Ce dernier espère «que nous n'allons pas perdre les compétences transversales que nous avons mises sur pied, comme par exemple dans le domaine des urgences». Le conseiller d'Etat exhorte le personnel d'HNE à ne pas prendre de décisions précipitées. «Nous comptons sur les compétences des collaborateurs».

Déjà des démissions

Interrogé sur le sujet, Laurent Kurth a reconnu que l'HNE avait déjà enregistré des lettres de démission. Il a demandé à l'établissement de les refuser dans la mesure du possible et de les retenir pour l'instant pour que les personnes puissent prendre leur décision en connaissance de cause. «Le risque est important» qu'il y ait des départs, a-t-il déploré.

Le directeur général, Philippe Bolla, qui avait annoncé en décembre 2016 son départ anticipé pour des raisons familiales et personnelles, se retirera comme convenu à fin février. Son successeur n'a pas encore été désigné.

A l'annonce du résultat de la votation dimanche soir, la présidente du conseil d'administration, Pauline de Vos Bolay, avait déjà évoqué avec Laurent Kurth la démission en bloc de l'organe. La décision a été communiquée officiellement mardi au Conseil d'Etat.

Mandat transitoire pour le conseil

Le gouvernement veut mener «une concertation avec les intéressés, de façon à assurer le maintien temporaire du conseil d'administration ou d'une partie de celui-ci pour assumer la conduite de l'HNE durant la période transitoire». Pauline de Vos Bolay, «pourrait aussi avoir un mandat durant la phase transitoire, si c'est son choix et notre choix», a ajouté Laurent Kurth.

Le Conseil d'Etat regrette les attaques personnelles contre le conseil d'administration et sa présidente, qui ont travaillé avec «intelligence et compétence».

Le gouvernement se dit résolu à rétablir rapidement le dialogue entre les partenaires «que le débat hospitalier a opposés au cours des derniers mois». Il tiendra sa prochaine séance dans les Montagnes neuchâteloises durant la semaine du 20 février. Les exécutifs de La Chaux-de-Fonds et du Locle y sont conviés pour un échange de vues.

Dimanche, à l'issue d'un suspense insoutenable, les Montagnes neuchâteloises ont gagné dans les urnes la bataille de la planification hospitalière: le canton comptera toujours deux hôpitaux de soins aigus, un à Neuchâtel et l'autre à La Chaux-de-Fonds. Désavouant le gouvernement, le peuple n'a pas voulu d'un site unique à Neuchâtel. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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