Actualisé 19.01.2010 à 10:05

Japan Airlines

Le conseil d'administration décide le dépôt de bilan

Japan Airlines (JAL), la première compagnie aérienne d'Asie surendettée et croulant sous les pertes, a déposé mardi son bilan devant la justice nippone.

Elle va se soumettre à un plan de sauvetage draconien, qui comprendra 15'600 suppressions d'emplois.

L'ancienne compagnie nationale, qui assure plus de 40% des vols intérieurs au Japon et le quart des liaisons internationales au départ de Tokyo, a cependant assuré que ses vols ne souffriraient aucune interruption. Les fournisseurs de kérosène, de plateaux-repas et autres continueront à être payés, de même que les aéroports où JAL fait escale.

La défaillance de JAL, dont la dette totale est estimée à 2000 milliards de yens (22,6 milliards de francs), est la plus importante au Japon pour une entreprise hors secteur financier depuis la seconde guerre mondiale, selon le cabinet de consultants Tokyo Shoko Research.

JAL va subir un programme de redressement supervisé par un organisme semi-public de sauvetage d'entreprises en détresse (Etic). En se déclarant officiellement en cessation de paiements, la compagnie va pouvoir bénéficier des protections prévues par la loi japonaise sur les faillites.

Un tiers des effectifs

Le gouvernement a parallèlement annoncé que ce plan de sauvetage comprendrait quelque 15'600 suppressions de postes, notamment via la cession de nombreuses filiales, ce qui correspond au tiers des effectifs du groupe.

Le plan prévoit des injections de capitaux publics à hauteur de 300 milliards de yens.

Deux compagnies aériennes américaines, Delta Air Lines et American Airlines, sont en concurrence pour participer au sauvetage, mais ni JAL ni le gouvernement n'ont évoqué cet aspect du dossier mardi. La presse affirme que l'heureuse élue sera Delta.

«Si JAL n'avait pas été la première compagnie aérienne du pays, une telle procédure aurait pu signifier la disparition de l'entreprise. Mais c'est JAL et elle bénéficie du soutien du ministère des Transports», a déclaré le ministre des Transports, Seiji Maehara.

Nouveau départ

«Cette journée ne marque pas la fin de JAL, mais un nouveau départ», a-t-il assuré, expliquant que le dépôt de bilan allait permettre à l'ex-fleuron national, symbole de la prospérité retrouvée du Japon de l'après-guerre, de se redresser.

L'action JAL sera radiée de la Bourse de Tokyo et les porteurs de titres en seront pour leurs frais. L'action JAL a terminé la séance de mardi inchangée à 5 yens. Elle valait plus de 200 yens il y a un an.

Comme prévu, JAL a également annoncé mardi la démission de son patron Haruka Nishimatsu. Le gouvernement avait déjà annoncé qu'il comptait nommer à la tête de la compagnie un des grands patrons les plus vénérés du pays, le fondateur du groupe d'électronique Kyocera Kazuo Inamori, qui fêtera ses 78 ans le 30 janvier.

Delta favorite

Le quotidien «Yomiuri Shimbun» avait affirmé samedi que le gouvernement japonais penchait pour une alliance entre JAL et Delta, au détriment d'American Airlines. Les deux compagnies américaines lorgnent sur les lucratifs créneaux horaires de JAL en Asie.

Si cette information est confirmée, JAL rejoindrait l'alliance Skyteam (Delta, Air France-KLM, Korean Air). Elle quitterait l'alliance Oneworld à laquelle elle avait décidé d'adhérer en 2005.

On ignore toutefois encore si cette future alliance s'accompagnera ou non d'une entrée du futur partenaire dans le capital de JAL. (ats/afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!