Actualisé 26.02.2020 à 18:28

Genève

Après 10 ans d'échecs, fin du projet salarial SCORE

Faute de consensus, le Canton enterre sa réforme des fonctions et de la grille salariale de l'administration. Il proposera une nouvelle mouture.

de
David Ramseyer
Nathalie Fontanet, conseillère d'Etat PLR chargée des Finances.

Nathalie Fontanet, conseillère d'Etat PLR chargée des Finances.

Keystone/Martial Trezzini

D'innombrables séances sans résultat probant ainsi qu'un «manque de confiance» entre partenaires sociaux et «d'adhésion au projet» ont eu raison de SCORE. Entamée il y a une décennie, la refonte des fonctions et de la grille salariale de l'administration cantonale est morte. Le Conseil d'Etat a annoncé sa fin, ce mercredi. «Il s'agit d'un acte de courage et d'honnêteté de la part du gouvernement actuel, a estimé la magistrate Nathalie Fontanet, chargée des finances. En l'absence de consensus, nous ne pouvions porter ce projet jusqu'au bout, il valait mieux arrêter.» Le Canton va désormais plancher sur une nouvelle réforme «plus transparente, à laquelle les fonctionnaires et leurs représentants seront associés dès le départ».

Président du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers a ainsi admis que SCORE était parti sur de mauvaises bases: «Le logiciel d'évaluation des métiers de l'administration était opaque». Cela a suscité «des objections légitimes au sein de la fonction publique», a ajouté le conseiller d'Etat Mauro Poggia. L'Exécutif dit avoir pressenti «un échec inévitable», ce qui l'a poussé à tirer la prise d'une réforme inaboutie qui aura coûté entre 1,6 et 1,8 million de francs au Canton.

Inégalités à éliminer

Le Cartel intersyndical de la fonction publique s'est pour sa part déclaré «très satisfait». Il salue «la sagesse du Conseil d'Etat» qui a retiré un projet dont les fondements étaient sapés dès le début, selon Françoise Weber, membre du bureau du Cartel: «Il n'y avait aucune transparence et il n'y a jamais eu d'adhésion à SCORE. C'est un gâchis d'énergie et de temps qui a abouti à 10 ans de blocage dans la réévaluation de certaines fonctions qui en ont urgemment besoin, notamment dans la santé et le social.»

D'ici la fin de l'année, la conseillère d'Etat Nathalie Fontanet devrait présenter les premières ébauches d'une nouvelle réforme. «C'est essentiel, car aujourd'hui, la grille des fonctions et des salaires est obsolète (ndlr: elle date de 1974). Elle comporte des inégalités salariales entre hommes et femmes, ainsi que des inéquités. Pour un même cahier des charges, certains ne touchent pas la même rémunération. Par ailleurs, de nouveaux métiers apparaissent, nomment dans le domaine numérique.» L'argentière du canton a promis que les droits acquis ne seraient pas touchés et que cette fois, la nouvelle mouture «ne mettra pas dix ans» à se concrétiser.

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