Travail dominical: Le Conseil d'Etat tessinois veut un retour en arrière
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Travail dominicalLe Conseil d'Etat tessinois veut un retour en arrière

Après la décision de fermer l'outlet «FoxTown» le dimanche, le gouvernement tessinois souhaite un retour du consensus au sujet du travail dominical dans le canton.

L'annonce de la fermeture dominicale du magasin a été communiquée mardi.

L'annonce de la fermeture dominicale du magasin a été communiquée mardi.

Le Conseil d'Etat s'est réuni au lendemain de l'annonce de la fermeture dominicale du magasin d'usine «FoxTown» à Mendrisio, décidée par le Département cantonal des finances et de l'économie (DFE).

L'outlet était ouvert 7 jours sur 7 depuis seize ans, attirant notamment un importante clientèle italienne. Il invite les parties concernées -syndicats et magasins notamment- à renouer le dialogue afin de trouver une solution qui permette de maintenir «l'exception tessinoise».

Le gouvernement a invité les parties concernées à renouer le dialogue, a indiqué Luca Invernizzi, porte-parole de la Chancellerie cantonale. Il faudra qu'ils renégocient pour légaliser l'exception tessinoise qui permet le travail dominical.

«La loi cantonale ne peut pas résoudre tous les problèmes car à la base il y a la loi fédérale sur le travail» qui interdit l'emploi de personnel le dimanche, a rappelé M. Invernizzi. Silvio Tarchini, patron du «FoxTown» qui emploie près de 1000 personnes, espère lui aussi une «solution».

Risques de licenciements

L'industriel luganais a qualifié la situation d'»absurde». «Le FoxTown travaille tous les dimanches depuis son ouverture, il y a plus de 16 ans avec l'accord renouvelé du canton et avec l'approbation de tous les syndicats», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse mercredi après-midi à Mendrisio (TI).

Silvio Tarchini a rappelé l'importance de son centre commercial pour l'économie et le tourisme de la région. «Si nous devions fermer le dimanche, nous perdrions 65 millions de francs par année et environ 500 emplois sur 1000 seraient menacés», a averti l'homme d'affaires.

Il a rappelé que 65,8% des clients de l'outlet - des Italiens notamment - génèrent un fort impact économique dans le Mendrisiotto. Le patron du FoxTown était accompagné de Carlo Croci, maire de Mendrisio, qui lui a assuré du soutien de la municipalité face au canton.

Silvio Tarchini a en outre rappelé que ces deux autres FoxTown de Suisse à Villeneuve (VD) et Zurich ont été complètement fermés car ils n'avaient pas obtenu l'autorisation pour l'ouverture dominicale. Il pourrait en être de même pour le site de Mendrisio.

Vives réactions au Tessin

Indépendamment d'une dénonciation à la justice qui a ouvert une enquête, l'intervention des syndicats a précipité les choses. Notamment après l'ouverture, en avril dernier, d'un nouveau centre commercial à Chiasso. Celui-ci avait demandé au canton de pouvoir bénéficier de la même dérogation accordée au FoxTown pour le dimanche.

Le canton, placé dans une situation difficile, a annoncé mardi la fermeture du FoxTown le dimanche, au nom de la loi fédérale. La décision a provoqué de vives réactions. Les syndicats qui se sont opposés à la concession d'une même autorisation à Chiasso déplorent paradoxalement une perte économique et le risque de nombreux licenciements.

Syndicats coresponsables

Interrogé sur l'exception tessinoise, le SECO indique qu'il revient aux cantons de faire respecter les lois fédérales. Pour lui, il n'y a pas lieu d'agir puisque les mesures adéquates ont été prises. En revanche, si le FoxTown devait rouvrir ses portes le dimanche, le SECO devrait analyser le cas. Il suivra en tout état de cause le développement de l'affaire.

Pour le syndicat Unia, qui assume sa responsabilité dans l'exception tessinoise, il s'agit d'un cas spécial lié à l'histoire, selon les mots de Hans Hartmann, porte-parole d'Unia. Le syndicat avait levé son opposition pour le travail du dimanche car il avait été possible de négocier de bonnes conditions de travail pour les employés.

«Cela devait rester une exception», selon toutes les parties engagées sur ce dossier. «Désormais le gouvernement doit trouver une solution avec les partenaires sociaux qui aura le moins de désagréments possibles pour les employés», ajoute M. Hartmann. (ats)

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