Burundi: Le Conseil de sécurité appelle au calme
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BurundiLe Conseil de sécurité appelle au calme

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont répété vendredi leurs appels au calme et à des élections équitables au Burundi.

Le Burundi est depuis le 26 avril le théâtre de manifestations émaillées de heurts parfois violents.

Le Burundi est depuis le 26 avril le théâtre de manifestations émaillées de heurts parfois violents.

En revanche, les pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ne se sont pas prononcés sur la validité du troisième mandat que sollicite le président sortant. Sur le terrain, les meneurs du mouvement de contestation ont décrété une trêve pour samedi.

Les pays membres du Conseil de sécurité «appellent toutes les parties à s'abstenir de toute violence» et à dialoguer, soulignant «la nécessité d'organiser un processus électoral crédible», a déclaré la présidente du conseil, l'ambassadrice de Lituanie Raimonda Murmokaité, après des consultations à huis clos.

Candidature discutée

Pierre Nkurunziza a officiellement déposé vendredi sa candidature à un troisième mandat présidentiel. Une décision qui divise les 15 pays membres.

«Pris individuellement, ils ont des opinions différentes à ce sujet et le Conseil ne peut donc pas se prononcer», a reconnu Mme Murmokaité. Selon elle, les consultations ont surtout porté sur l'escalade de la violence au Burundi.

La Russie a bloqué de précédentes tentatives de prendre position sur ce troisième mandat. Le Conseil ne doit pas s'immiscer dans «les affaires constitutionnelles d'un Etat souverain», a argué son ambassadeur Vitali Tchourkine.

De son côté, l'ambassadrice américaine Samantha Power a réaffirmé devant la presse que les Etats-Unis considéraient cette candidature comme illégitime. Elle exhortait président et gouvernement burundais à «condamner la violence et à lancer un appel à la retenue».

«Des armes se retrouvent entre les mains de gens qui ne sont pas affiliés aux forces de sécurité», a-t-elle relevé dans une allusion à des distributions d'armes aux jeunes du parti au pouvoir.

Troisième et dernier mandat

Avant ces consultations, demandées par la France, les ambassadeurs des 15 pays ont entendu un exposé de la situation par Saïd Djinnit, l'envoyé spécial de l'ONU sur place.

Celui-ci a notamment indiqué que la communauté d'Afrique de l'Est «exige que le président confirme publiquement que son troisième mandat sera le dernier, qu'il garantisse un espace politique pour l'opposition et traite la question des réfugiés». Selon l'ONU, 50'000 Burundais ont déjà fui vers les pays voisins.

Cette communauté (Burundi, Tanzanie, Rwanda, Kenya, Ouganda) «prépare une réunion spéciale le 13 mai en Tanzanie» pour discuter de cette crise, a ajouté l'envoyé spécial.

Trêve d'une journée

Les autorités burundaises ont donné vendredi soir l'ordre à la police de démanteler l'ensemble des barricades subsistant sur le territoire, a annoncé à l'AFP un haut responsable de la police ayant requis l'anonymat.

Le «Collectif contre un 3e mandat», qui regroupe environ un millier d'associations et les deux centrales syndicales du pays, avait décrété en début de soirée une trêve des manifestations pour la journée de samedi. Ce répit doit «permettre à la population de s'approvisionner, mais aussi d'enterrer nos morts de la semaine dans l'honneur».

Dix-huit morts

Le Burundi, surtout sa capitale Bujumbura, est depuis le 26 avril le théâtre de manifestations émaillées de heurts parfois violents. Ils opposent les manifestants hostiles à un troisième mandat à la police et aux jeunes du parti présidentiel. On dénombre déjà 18 victimes.

Les opposants à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza le jugent inconstitutionnel et contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). (ats)

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