Corée du Nord: Le Conseil de sécurité promet des sanctions
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Corée du NordLe Conseil de sécurité promet des sanctions

La Corée du Nord, qui a nommément menacé les Etats-Unis, a récolté un avertissement unanime de l'ONU.

AFP

La Corée du Nord s'est félicitée lundi du tir d'un nouveau type de missile qui semble avoir une portée sans précédent. Elle a précisé que le tir visait à vérifier la capacité du missile à porter «une ogive nucléaire de grande ampleur». Washington et Tokyo ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui pourrait avoir lieu mardi.

En attendant, le Conseil de sécurité des Nations unies a fermement condamné lundi le dernier tir de missile de dimanche. Il a réclamé des sanctions face au «comportement hautement déstabilisateur» de Pyongyang.

Dans cette déclaration unanime soutenue également par la Chine, alliée de la Corée du Nord, le conseil a demandé à Pyongyang de faire preuve «immédiatement d'un engagement sincère pour la dénucléarisation à travers des actions concrètes», au lendemain du test de ce missile balistique décrit par le régime communiste comme «capable de transporter une grande et puissante ogive nucléaire».

Les quinze membres ont également demandé à Pyongyang de ne «pas conduire de nouveaux tests de missiles nucléaire et balistique». L'adoption de cette déclaration, proposée par Washington, intervient à la veille d'une réunion du conseil à huis clos, mardi, demandée là encore par les Etats-Unis ainsi que le Japon, pour évoquer ce test.

Etats-Unis visés

La Corée du Nord est déjà sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, mais les Etats-Unis veulent cette fois hausser le ton et envoyer un message de fermeté à Pyongyang, selon les diplomates consultés par l'AFP.

Dans sa déclaration, le conseil a «promis de mettre en oeuvre pleinement les mesures imposées» à la Corée du Nord ainsi que d'appeler «fermement» d'autres pays à en faire de même.

Il a également exprimé sa «plus profonde inquiétude» concernant «le comportement hautement déstabilisateur et l'attitude de défi flagrante et provocatrice (de Pyongyang) à l'égard du Conseil de sécurité».

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a, selon la presse officielle, personnellement supervisé cet essai dimanche, des photos le montrant dans un hangar à côté du missile. Sur d'autres clichés, on peut le voir en train d'applaudir avec des officiers après le tir, au petit matin, de ce projectile noir baptisé Hwasong-12.

M. Kim a «étreint les responsables de la recherche balistique en leur disant qu'ils avaient travaillé dur pour réaliser de grandes choses», rapporte l'agence de presse officielle KCNA.

Le dirigeant nord-coréen a accusé les Etats-Unis d'«intimider» les pays dépourvus de l'arme nucléaire et a mis en garde Washington, déclarant que le territoire américain était «à portée de visée» d'un tir, a ajouté l'agence.

Plus de 2000 kilomètres

La Corée du Nord a tiré dimanche un missile balistique qui a atterri en mer du Japon, à proximité de la Russie. Le missile, nommé Hwasong-12, a été tiré à un angle élevé afin de ne pas altérer la sécurité des pays voisins et a parcouru 787 kilomètres, atteignant une altitude de 2111 kilomètres, a précisé KCNA.

Ces informations concordent avec les rapports de l'armée sud-coréenne et du Japon, qui ont fait état d'un tir surpassant, sur la distance et l'altitude, le dernier essai de missile de moyenne portée mené depuis la même base en février.

Dimanche, le commandement régional américain a estimé que la trajectoire ne «correspondait pas à un missile balistique intercontinental», dont la portée minimale est de 6000 km.

Des experts estimaient que ce missile, s'il avait été tiré à un angle normal, aurait pu parcourir plus de 4000 km, signe des progrès du programme d'armement nord-coréen.

Réunion du Conseil de sécurité

Ce tir était le deuxième en quinze jours et le premier depuis la prestation de serment mercredi du nouveau président sud-coréen Moon Jae-In. Il avait pour but d'examiner «les caractéristiques» d'un nouveau type de missile, «capable de transporter une grande et puissante tête nucléaire», affirme KCNA.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné lundi la Corée du Nord après ce tir «capable de transporter une grande et puissante ogive nucléaire» selon Pyongyang. «Cette action est en violation des résolutions du Conseil de sécurité et une menace pour la paix et la sécurité dans la région», a déclaré le patron de l'ONU dans un communiqué de son porte-parole.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a prévu de se réunir mardi pour étudier la situation dans la péninsule coréenne après ce nouveau tir de missile balistique mené au mépris de ses résolutions.

Le régime nord-coréen est soupçonné de chercher à développer des missiles de longue portée à ogive nucléaire capables d'atteindre les Etats-Unis. Il est déjà sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Risque de conflit majeur

La Corée du Nord s'emploie à mettre au point un missile à ogive nucléaire en mesure d'atteindre le sol américain, ce qui représenterait un vol de 8000 km environ et serait sans doute le défi le plus grand lancé à Donald Trump en matière de sécurité.

Donald Trump n'a pas écarté, en avril, le risque d'un conflit majeur avec la Corée du Nord, mais il a dit préférer une issue diplomatique à la crise.

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié lundi de «contre-productif et dangereux» le nouveau tir de missile nord-coréen, mais il a également appelé à arrêter d'«intimider la Corée du Nord» et a prôné une solution pacifique.

«Nous sommes catégoriquement contre l'élargissement du club des puissances nucléaires, y compris au bénéfice de la Corée du Nord, a-t-il déclaré , au cours d'une conférence de presse à Pékin. Mais »il faut revenir au dialogue, arrêter d'intimider la Corée du Nord et chercher une solution pacifique à ce problème", a-t-il insisté, semblant indirectement viser les Etats-Unis.

En vertu des résolutions de l'ONU, la Corée du Nord a l'interdiction de développer des technologies nucléaires et balistiques. Le Conseil de sécurité a pris depuis 2006 une série de sanctions contre le régime communiste de Pyongyang sans parvenir à dissuader ce dernier de poursuivre son programme nucléaire et balistique. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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