Crise économique: Le Conseil des Etats entre en matière sur le 3e paquet conjoncturel
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Crise économiqueLe Conseil des Etats entre en matière sur le 3e paquet conjoncturel

Alors que la barre des 150'000 chômeurs a été dépassée, le Conseil des Etats a soutenu mercredi la nécessité d'un 3e paquet conjoncturel.

Une tentative d'enterrer l'enveloppe de 400 millions en faveur du marché du travail a échoué. Les débats se poursuivront jeudi.

Comme de coutume, les critiques ont été mesurées à la Chambre des cantons. This Jenny (UDC/GL) a douté de l'utilité des mesures proposées par le Conseil fédéral. D'autres orateurs se sont inquiétés des coûts du paquet - 400 millions de francs - alors que des coupes budgétaires se dessinent déjà.

Mais l'idée de supprimer le programme conjoncturel, lancée par un radical et un démocrate du centre, a tourné court. Par 25 voix contre 6, la majorité est entrée en matière, en exprimant sa vive inquiétude pour la dégradation du marché du travail.

L'Etat doit jouer un rôle stabilisateur en cas de crise, comme il l'a fait pour la place financière, a estimé Eugen David (PDC/SG). Le pic du chômage de longue durée est loin d'être atteint et celui des jeunes pourrait dépasser 9% d'ici le printemps, a averti Doris Leuthard. Pour la ministre de l'économie, la reprise de l'emploi n'est pas attendue avant 2011.

28'000 personnes

Les mesures du paquet visent en particulier à soulager les groupes vulnérables, à raison de 350 millions de francs. Plus de 28'000 personnes devraient en profiter, a précisé Simonetta Sommaruga (PS/BE) au nom de la commission. L'idée est notamment de créer des incitations à se perfectionner, même pendant les périodes de chômage technique.

Des aides financières sont prévues par exemple pour les jeunes qui n'ont pas de travail après avoir terminé leur apprentissage et pour l'employeur qui engage des chômeurs ayant peu d'expérience.

Restrictions

La part du lion devrait aller aux chômeurs de longue durée. La Confédération devrait assumer, pendant six mois au plus, une partie des salaires de personnes sans emploi engagées par des organisations à but non lucratif. Par 20 voix contre 14, le conseil a fixé la barre de la participation fédérale à 3000 francs par mois.

Une minorité soutenue par Doris Leuthard s'est élevée en vain contre cette restriction. Les ONG risquent de n'engager personne dans ces conditions, a prévenu Géraldine Savary (PS/VD). La majorité n'a pas non plus voulu éliminer complètement ce coup de pouce, devisé initialement à 238 millions, comme l'ont proposé Hans Hess (PLR/OW) et Verena Diener (PVL/ZH).

Le Conseil des Etats doit encore examiner plusieurs points, comme la clause autorisant le Conseil fédéral à porter de 12 à 24 mois la durée maximale de l'indemnisation en cas de réduction de l'horaire de travail.

Le paquet ira ensuite au Conseil national, probablement lundi. L'opposition risque d'y être nettement plus vive.

(ats)

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