Iran: Le Conseil des gardiens prêt à recompter les voix
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IranLe Conseil des gardiens prêt à recompter les voix

Le Conseil des gardiens de la Constitution a dit mardi être prêt à procéder à un nouveau décompte partiel des voix de l'élection présidentielle contestée du 12 juin en Iran.

Cette annonce intervient alors que deux manifestations concurrentes doivent avoir lieu dans la journée à Téhéran.

«S'il s'avère que des irrégularités comme l'achat de voix ou l'utilisation de fausses cartes d'électeurs ont été commises, le Conseil des gardiens de la Constitution ordonnera un nouveau décompte des voix», a affirmé un porte-parole de cette instance, cité par l'agence officielle Irna.

Le «Conseil des gardiens est prêt à recompter les bulletins de vote dans les urnes qui sont sujettes à contestation de la part des candidats», a-t-il poursuivi. Un allié du camp des réformateurs a immédiatement déclaré vouloir non pas un simple recomptage «de quelques urnes», mais un nouveau décompte général des voix.

Le candidat réformateur, Mir Hossein Moussavi, battu dès le premier tour par le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, a demandé au Conseil des gardiens d'annuler l'élection. Selon les résultats officiels, l'ultraconservateur Ahmadinejad a obtenu 63% des suffrages contre 34% pour son rival modéré. Au total, quatre candidats étaient en lice.

Nouvelles manifestations

L'annonce du Conseil est intervenue alors que Téhéran se préparait mardi à deux manifestations réunissant au même endroit les partisans du président Ahamdinejad puis, un peu plus tard, ceux qui contestent sa réélection.

Les partisans de M. Moussavi ont défilé par centaines de milliers lundi dans le centre de la capitale iranienne malgré une interdiction de manifester. Sept civils ont été tués en marge de cette manifestation géante après s'en être pris à une unité militaire, a rapporté mardi la radio officielle d'information iranienne Radio Payam.

M. Moussavi a appelé à ce que la manifestation de mardi soit «calme et pacifique», selon son site internet. L'ex-Premier ministre a indiqué qu'il ne participerait pas à cette nouvelle protestation.

Juché sur le toit d'une voiture au milieu des manifestants, M. Moussavi s'est dit lundi «prêt à participer de nouveau à une élection présidentielle». Son épouse, Zahra Rahnavard, a affirmé qu'ils «iraient jusqu'au bout» pour contester le résultat du scrutin du 12 juin.

M. Moussavi a déposé plainte auprès du Conseil des gardiens de la constitution, avec les deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, laminés au scrutin.

Province aussi touchée

Téhéran a été le théâtre d'émeutes samedi et de manifestations violentes dimanche, qui n'avaient officiellement pas fait de victimes jusqu'à lundi soir, dans la foulée de l'annonce de la réélection du président ultraconservateur.

Selon des témoins et des médias, plusieurs villes de province, notamment Machhad, Ispahan, Shiraz, sont également touchées par le mouvement de protestation contre la réélection du président Ahmadinejad.

Selon ces sources, la protestation prend généralement une forme pacifique. Des incidents se sont toutefois produits par endroits et le mouvement est gêné par un fort déploiement de forces de sécurité dans les petites localités.

Unité du pouvoir fissurée

L'ampleur de la mobilisation contre la réélection de M. Ahmadinejad, et les violences qui l'ont suivi, commencent à fissurer l'unité du pouvoir.

Mardi matin, le président du Parlement Ali Larijani, un personnage des plus influents du camp conservateur, a tenu le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli responsable pour des attaques contre des étudiants et des habitants d'une cité du nord de Téhéran dimanche.

Le président Ahmadinejad a quant à lui quitté le pays mardi. Il s'est rendu dans la ville russe d'Ekaterinbourg pour un sommet régional sur la sécurité. Ce voyage, prévu lundi, avait été retardé d'un jour en raison des troubles dans la capitale iranienne.

La police tire sur les manifestants depuis les toits

(ats)

Manifestations à travers le monde

A l'instar de grandes villes telles Washington, New York, Toronto, Paris ou Londres, une manifestation aura lieu à Genève, ce mercredi 17 juin de 10h à 12h au Palais des Nations.

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