GenèveLe Conseil d’Etat défend la taxe professionnelle
Le gouvernement a constaté la validité de l’initiative visant à supprimer cet impôt prélevé par les communes. Mais il a fait part de sa désapprobation.

Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat chargé du Département de la cohésion sociale.
Le Conseil d’Etat s’oppose à la suppression de la taxe professionnelle communale, qu’une initiative dont la validité a été constatée ce mercredi réclame. Cet impôt qui n’existe qu’à Genève, où il a été instauré en 1798 par Napoléon, est combattu par la droite et les milieux économiques. Il s’applique aux entreprises mais est déconnecté de leur bénéfice, puisqu’il se calcule en fonction de leur loyer, de leur chiffre d’affaires et de leur nombre d’employés. Il rapporte 195,5 millions par an aux municipalités du bout du lac.
110 millions pour la Ville
Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat socialiste chargé de la Cohésion sociale, a expliqué ce mercredi que le gouvernement ne souhaitait pas priver de cette manne «les communes urbanisées», soit celles qui en profitent le plus – comme la Ville de Genève, qui en retire 110 millions par année. L’élu a aussi souligné que la suppression de cette taxe mettrait à mal le pot commun destiné à la péréquation, ce mécanisme qui permet un transfert d’argent des communes riches vers les plus pauvres. Il a enfin estimé que sans cet impôt, l’écart entre les municipalités aisées et les autres grandirait. En effet, treize d’entre elles, qui n’en ont pas besoin, ne le prélèvent pas. Son abolition ne ferait donc, selon lui, qu’appauvrir celles pour qui il est nécessaire. «Si l’initiative était acceptée, elles devraient augmenter leurs impôts», a-t-il prévenu.
L’association de communes genevoises (ACG) a aussi annoncé ce mercredi avoir décidé, à l’unanimité, de s’opposer à l’initiative.