Actualisé 01.04.2020 à 10:59

Coronavirus

Le Conseil fédéral a assez de marge de manoeuvre

Le coussin financier de la Confédération est suffisant pour atténuer les effets de la crise sanitaire, selon les économistes de Credit Suisse.

Ueli Maurer, Guy Parmelin et Alain Berset ont annoncé que Berne allait injecter en tout 42 milliards dans l'économie pour contrer la crise.

Ueli Maurer, Guy Parmelin et Alain Berset ont annoncé que Berne allait injecter en tout 42 milliards dans l'économie pour contrer la crise.

Keystone

Le Conseil fédéral dispose encore d'une marge de manoeuvre suffisante pour atténuer les effets de la crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus. Le coussin financier est suffisant, affirment mercredi les économistes de Credit Suisse.

Une dégradation de la note de crédit AAA de la Suisse est «très peu probable», affirme la grande banque. Les mesures prises par la Confédération pour contrer la pandémie sont «rapides, ciblées et abordables».

Le chômage partiel et les prêts relais permettront de limiter les dégâts économiques que le coronavirus ne manquera pas de créer. Pour Credit Suisse, ces solutions ont été appliquées rapidement et se caractérisent par leur impact ciblé, ainsi que leur efficacité. Leur coût va atteindre 4,6 milliards de francs par mois de crise, selon les estimations du numéro deux bancaire helvétique.

Déficit budgétaire

Ces dépenses supplémentaires vont entraîner un déficit budgétaire et creuser la dette, sans toutefois contrevenir au mécanisme du frein à l'endettement grâce aux excédents dégagés ces dernières années.

La faiblesse des taux d'intérêt et du ratio d'endettement de la Confédération vont permettre d'effacer l'ardoise laissée par le coronavirus assez rapidement. En comparaison internationale, la Suisse dispose d'une grande marge de manoeuvre, assure Credit Suisse.

Gare à un programme de relance précipité

Selon les critères du pacte de stabilité de l'Union européenne (Traité de Maastricht), le taux d'endettement de la Suisse s'élève à 26,7%. L'Allemagne, considérée comme une bonne élève parmi les 27, affiche 60%. Pendant la crise de l'euro, cet indicateur avoisinait les 80% pour le voisin d'outre-Rhin. Sa note de crédit n'avait pas été abaissée pour autant. À cet égard, une dégradation de la Suisse semble peu probable, concluent les analystes de la grande banque.

Ces derniers mettent cependant en garde contre tout programme de relance économique précipité. Il faudra attendre la fin des restrictions pour déployer ce genre de mécanisme visant à compenser la perte des recettes et la baisse des bénéfices des entreprises, ainsi qu'à épauler les personnes qui auront perdu leur emploi. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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