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Le Conseil fédéral capte l'attention pour les élections fédérales

Les Suisses doivent élire leur parlement le 21 octobre.

Mais au vu de la tournure «inédite» qu'a prise la campagne électorale, le rendez-vous s'apparente de plus en plus à un premier tour de l'élection du Conseil fédéral, agendée au 12 décembre.

«Cette évolution est complètement absurde dans notre système politique», regrette la politologue bernoise Regula Stämpfli, interrogée par l'ATS. Complètement focalisée sur les personnalités du Conseil fédéral, «la campagne est un désastre du point de vue du débat d'idée».

Que les conseillers fédéraux se prêtent aussi explicitement à la campagne est inédit, renchérit Pascal Sciarini, directeur du département de science politique à l'Université de Genève. «Jusque-là, ils restaient au-dessus de la mêlée».

Mais depuis quelques années, l'attention a glissé du législatif vers le gouvernement en raison de la «peoplisation» de la politique. Et à ce jeu, l'UDC s'en tire mieux que quiconque grâce à sa locomotive Christoph Blocher.

L'UDC impose sa statégie

L'homme est partout: son image foisonne sur les murs, dans les médias; son nom est sur toutes les lèvres. Avec son slogan «Soutenez Blocher, votez UDC», les démocrates du centre ont réussi à réduire l'élection du parlement à une campagne pour ou contre Christoph Blocher.

On voit ainsi des candidats priés de faire savoir avant leur élection s'ils comptent donner leur voix au tribun zurichois. La plupart s'empresse d'intégrer ce point dans leur programme au même titre que leur combat contre les particules fines ou leur plaidoyer pour davantage de concurrence fiscale.

Cette «vision très manichéenne de la politique suisse» rend la tâche très difficile pour les autres partis, estiment M. Sciarini et Mme Stämpfli. D'autant plus que ces derniers continuent de marteler que le contenu est plus important que la forme.

Deux personnalités pour le PDC

Les responsables de campagne du PS, PDC et PRD assurent que leurs conseillers fédéraux sont très présents dans la campagne. «Doris Leuthard participe à de nombreux débats liés à l'économie. Elle s'engage à fond pour défendre ses idées et ne serre pas seulement des mains», explique Reto Nause, secrétaire général du PDC.

Conscient de la popularité de sa conseillère fédérale, le PDC la mettra davantage en avant ces prochaines semaines. Une campagne d'affichage sera lancée avec Christophe Darbellay, le président du parti appelant à voter PDC pour renforcer Doris Leuthard. Un slogan similaire à celui de l'UDC, mais pas une copie puisque il a été décidé avant la pause estivale, se défend M. Nause.

Bilans mis en avant

Du côté du PS, on se félicite que Micheline Calmy-Rey et Moritz Leuenberger soient clairement identifiés au parti. La présidente de la Confédération a été sous les feux des médias grâce au 1er Août. Quant à Moritz Leuenberger, il entend mettre en avant sa politique environnementale notamment en distribuant des cartes le représentant en «hulk», géant vert écrasant une voiture.

«Nos conseillers fédéraux ne font pas de tournées et ne s'affichent pas. Mais leurs bilans nous servent tout autant», résume Thomas Christen, le responsable de campagne du PS.

Même constat chez les radicaux. «Pascal Couchepin et Hans-Rudolf Merz sont très actifs à tous les niveaux pour présenter leurs bilans... sauf dans la campagne d'affichage», sourit le secrétaire général Guido Schommer. La campagne doit «rester un débat d'idées», selon lui.

Couchepin contre Blocher

Pour Pascal Sciarini, Pascal Couchepin tire pourtant son épingle du jeu dans la polarisation du débat. «En Suisse romande, il se pose comme l'antithèse de Christoph Blocher. Il a toujours été très présent pour dénoncer les dérapages de son collègue. Cela pourrait porter ses fruits.»

Regula Stämpfli pense aussi que les positions du Valaisan sont généralement bien perçues par la population. Mais pas forcément par les potentiels électeurs radicaux, le PRD étant souvent allié à l'UDC.

ats

(ats)

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