Coronavirus: «Le Conseil fédéral écoute désormais la Task Force»
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Coronavirus«Le Conseil fédéral écoute désormais la Task Force»

Martin Ackermann, chef de la Task Force Covid-19, explique pourquoi le danger lié à la pandémie n’est pas encore écarté.

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pam/dgr/jbm
Martin Ackermann est le patron de la task force Covid-19 depuis août 2020.

Martin Ackermann est le patron de la task force Covid-19 depuis août 2020.

ETH Zurich/Ethan Oelman

Interviewé par «20 Minutes», le chef de la Task Force Covid-19 revient sur les derniers mois passés à lutter contre la pandémie et lance quelques pistes pour l’avenir. Ce biologiste est à la tête du groupe de scientifiques qui conseillent le Conseil fédéral sur les décisions à prendre concernant la stratégie à appliquer pour faire face au virus. Bien qu’il n’ait pas toujours été d’accord avec le collège des Sages, il sent que le Conseil fédéral écoute désormais davantage la Task Force.

Un passeport vert comme en Israël?

«Les gens en ont marre du coronavirus et aimeraient être vaccinés. J’ai l’espoir que le pourcentage de personnes vaccinées sera si important qu’aucune autre restriction ne sera nécessaire» a-t-il indiqué. Interrogé sur l’introduction en Suisse d’un modèle similaire à celui appliqué en Israël avec un «passeport vert» pour les gens déjà vaccinés, il déclare: «C’est une question éthiquement sensible». Dans ce pays, où 80% de la population est immunisée, les personnes vaccinées ont davantage de liberté comme aller au cinéma ou au musée.

Ne pas baisser la garde

Concernant le plan de retour progressif à la normale esquissé mercredi par le Conseil fédéral, Martin Ackermann indique que «tout danger n’est pas écarté et que la situation épidémiologique est difficile à évaluer actuellement. Le plus important est que nous continuions à éviter les contacts, à limiter nos déplacements et à respecter les gestes barrière. De plus, il faut que les autorités réfléchissent dès maintenant à ce qu’il faudra mettre en place rapidement si le nombre de cas devait à nouveau augmenter.»

En se projetant jusqu’à l’été, le chef de la Task Force espère que les festivals open-air pourront planifier des événements. «Cette branche a énormément souffert et les incertitudes sont encore grandes. J’espère qu’ils pourront davantage s’organiser en fonction de l’avancement de la vaccination.»

Tirer des leçons

Et pour le futur, le biologiste indique: «Nous devons bien nous armer pour l’avenir. Nous devrions revoir nos infrastructures et créer des structures supplémentaires qui nous permettront d’agir plus rapidement et plus efficacement. Je pense en particulier à la numérisation et à la collecte de données dans toute la Suisse. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine.»

Gare aux mutants!

A quel point les mutations du virus sont-elles dangereuses? «Des études menées dans plusieurs pays montrent que le B.1.1.7 est 50% plus contagieux. Il est donc plus difficile de contrôler l’épidémie. Mais le fait que le nombre de cas à Genève, où 75% des personnes positives sont porteuses du mutant britannique, n’ait pas augmenté jusqu’à présent est encourageant. La combinaison des mesures, de la participation de la population et du traçage des contacts a apparemment permis jusqu’à présent d’éviter une flambée de cas. C’est positif, mais la Suisse doit rester sur ses gardes», indique Martin Ackermann.

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