Le Conseil fédéral ferme la porte aux réfugiés irakiens
Actualisé

Le Conseil fédéral ferme la porte aux réfugiés irakiens

BERNE – La Suisse refuse d'accepter de nouveaux réfugiés irakiens. Micheline Calmy-Rey est désavouée, la gauche mécontente.

Le Conseil fédéral a décidé mercredi de ne pas accueillir un nouveau contingent de 500 réfugiés irakiens. Le gouvernement préfère accorder son aide aux déplacés sur place, au Moyen-Orient. La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, avait proposé que la Suisse accueille un demi-millier d'Irakiens pour répondre aux demandes de l'ONU. Le conseiller national socialiste Carlo Sommaruga a jugé hier la décision «choquante». Le Genevois accuse Christoph Blocher d'avoir brandi la menace d'une arrivée massive de réfugiés irakiens en Suisse. Le chef du Département fédéral de justice et police a fait valoir qu'il y avait déjà 5000 Irakiens en Suisse. «Tous les autres pays européens considèrent aussi que les contingents ne sont pas une solution, en raison de l'effet d'appel vers l'Europe. Il est préférable d'aider les gens dans la région», a déclaré hier le conseiller fédéral à la Radio suisse romande. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avait lancé un appel le mois dernier à Genève, pour que les pays riches accueillent 20 000 Irakiens «très vulnérables». Le HCR parlait de personnes traumatisées par les violences, de femmes ou d'enfants abandonnés. La Suisse avait promis un doublement de son budget destiné à l'aide aux déplacés irakiens, le portant à 4 millions de francs. L'an dernier, les pays industrialisés ont accueilli 22 200 demandeurs d'asile irakiens, principalement en Suède (9000).

(ats/mme)

Ton opinion