Suisse - Le Conseil fédéral interpellé sur le bruit des avions à la Blécherette
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SuisseLe Conseil fédéral interpellé sur le bruit des avions à la Blécherette

La conseillère nationale Sophie Michaud Gigon a saisi le gouvernement après la parution d’un «livre blanc» sur les nuisances sonores autour de l’aéroport lausannois.

par
Christine Talos
Une vue de 2014 de l’aérodrome de la Blécherette, dans les hauts de Lausanne.

Une vue de 2014 de l’aérodrome de la Blécherette, dans les hauts de Lausanne.

©Cella Florian

Que se passe-t-il du côté de l’aéroport de la Blécherette?». C’est en ces termes que la conseillère nationale Sophie Michaud Gigon vient d’interpeller le Conseil fédéral. La Verte vaudoise s’inquiète du bruit autour de l’aérodrome lausannois après la parution d’un «livre blanc» sur les nuisances sonores présenté lundi par l’association des riverains (ADRB).

Ce document de 100 pages relate toutes les nuisances sonores et environnementales de l’aérodrome et propose des «solutions réalistes» pour les diminuer ou y mettre fin. Ceci avec le soutien de l’ATE et des Verts. Les riverains y dénoncent notamment le non-respect du cadastre du bruit élaboré en 2009 sur la base d’avions exploités en 2001 et de l’utilisation des pistes de décollage de cette même année. Mais la situation a fondamentalement changé depuis, explique Sophie Michaud Gigon dans son interpellation. Alors que 37% des décollages se faisaient vers le sud (donc sur la ville) à l’époque, la majorité se fait aujourd’hui dans cette direction et le nombre d’avions bruyants a augmenté, critique-t-elle.

Nouvelle modélisation?

Du coup, la Verte vaudoise demande au Conseil fédéral de confirmer que l’aéroport de la Blécherette n’est bel et bien plus exploité «conformément aux hypothèses ayant servi à l’élaboration du cadastre d’exposition au bruit en vigueur», et ce qu’il compte faire pour remédier à la situation. Elle interroge aussi le gouvernement sur le bien-fondé d’une nouvelle modélisation du bruit avec les données d’aujourd’hui.

Sophie Michaud Gigon s’inquiète aussi de la santé des riverains qui ont rapporté une hausse des mouvements d’avions en dehors des heures d’ouvertures usuelles. Elle demande s’il ne serait pas possible de préserver un temps de repos aux Lausannois proches de l’aéroport en introduisant le dimanche sans avion, ou encore en taxant les avions les plus bruyants.

Entraînement de pilotes étrangers?

Enfin, la Vaudoise interpelle le Conseil fédéral sur l’installation provisoire de deux simulateurs dans un hangar existant, une installation autorisée sans aucune enquête publique selon elle, dans le but d’accueillir une clientèle particulière «notamment des membres d’armées étrangères volant sur des Pilatus PC-12, des avions extrêmement bruyants». Elle veut connaître les conditions de cette autorisation alors que des recours sont en cours au sujet de ces simulateurs. Elle demande aussi si le gouvernement sait que des pilotes d’armées étrangères devraient s’entraîner en Suisse depuis l’aérodrome de la Blécherette.

Les riverains reprochent depuis longtemps le bruit engendré par l’aéroport, les impacts pour l’environnement, et les risques pour les quartiers survolés par les avions. Ils estiment que le protocole d’accord sur la question, signé en 2018, entre la ville de Lausanne et l’aéroport n’est pas respecté.

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