Actualisé 11.09.2008 à 16:15

Taupes de Securitas infiltréesLe Conseil fédéral n'exclut pas de prendre des mesures

Berne avait découvert le pot-aux-roses.

L'Office fédéral de la police (fedpol) savait qu'une taupe employée par Securitas s'était infiltrée dans des groupes altermondialistes, lors du somment du G8 à Evian en 2003. Le Conseil fédéral n'exclut pas de prendre des mesures.

Selon le gouvernement, il existe déjà une large palette de moyens légaux au niveau fédéral et cantonal pour lutter contre les abus commis dans la surveillance des personnes privées. Le Conseil fédéral n'exclut toutefois pas de prendre des mesures au niveau législatif si cela devait s'avérer nécessaire, a-t-il répondu jeudi à une interpellation du conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD) déposée en juin.

Fedpol a découvert «par hasard» les activités d'une taupe de Securitas «lors de l'accomplissement de ses tâches légales en rapport avec le sommet G8 d'Evian», indiqué jeudi l'Office. Le Service d'analyse et de prévention (SAP) a établi la présence d'une personne, proche de groupes anti-globalisation, identifiée plus tard comme une employée de Securitas.

Autres taupes ?

Le chef du SAP a rendu attentif la direction de Securitas au fait que de tels agissements pouvaient être problématiques si la personne mandatée ne respectait pas à la lettre les exigences légales. Fedpol n'est pas en mesure de dire si Securitas s'est livré à d'autres infiltrations en Suisse, a dit sa porte-parole Danièle Bersier.

Les services du Département fédéral de justice et police n'ont jamais eu de contact avec la personne employée par Securitas. Ils n'ont pas non plus obtenu d'information émanant de son activité, a précisé le Conseil fédéral dans sa réponse.

Le préposé fédéral à la protection des données et à la transparence a ouvert une enquête sur l'infiltration du groupe Attac par Securitas, a rappelé le gouvernement. Mais contrôler les activités de entreprises privées de sécurité est en premier lieu une affaire des cantons. Sur la base de données recueillies en 2005, quatorze d'entre eux soumettaient à autorisation l'activité de détective privé, le Tessin étant le plus sévère.

Enquête étendue

Dans le canton de Vaud, la cheffe de la police Jacqueline de Quattro a décidé d'élargir l'enquête. «Par acquis de conscience, je vais quand même étendre le mandat de l'expert désigné en juin par le Conseil d'Etat pour se pencher sur l'infiltration du groupe Attac par Securitas», a-t-elle déclaré à la TSR et dans «Le Matin». Cet ancien juge devra déterminer si la police avait connaissance de l'infiltration du Groupe anti-répression.

Dans le cadre de la première enquête pénale concernant l'infiltration d'Attac, la justice vaudoise n'a pas perquisitionné les locaux de Securitas. Selon le juge d'instruction cantonal Jacques Antenen, une «visite domiciliaire» n'est pas automatique, a- t-il dit dans «Le Matin Bleu». Elle s'évalue de cas en cas.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!