Secret bancaire: Le Conseil fédéral ne veut pas jeter d'huile sur le feu
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Secret bancaireLe Conseil fédéral ne veut pas jeter d'huile sur le feu

Le Conseil fédéral a consacré un moment de sa séance extraordinaire de jeudi aux dérapages verbaux qui ont fleuri ces derniers jours autour de la polémique sur le secret bancaire.

Hans-Rudolf Merz a assuré ne pas vouloir entrer dans ce jeu.

«Les propos offensants ne résolvent pas les problèmes», a estimé le président de la Confédération en allusion aux attaques verbales répétées du ministre des finances allemand Peer Steinbrück. La Suisse n'aurait rien à gagner à agir ainsi, d'autant que l'Allemagne représente son principal partenaire économique. Mieux vaut tenir les émotions à distance, a recommandé M. Merz.

Le conseiller national Thomas Müller (PDC/SG) M. Müller avait estimé que M. Steinbrück lui rappelait «cette génération d'Allemands qui, il y a 60 ans, parcouraient les rues vêtus d'imperméables en cuir, de chaussures montantes et avec un brassard», faisant allusion au régime nazi.

Le ton s'est à tel point dégradé ces derniers jours que le grand argentier allemand a affirmé jeudi avoir reçu des menaces venues de Suisse. «Je reçois des lettres de menaces qui viennent de Suisse et suis traité de nazi. C'est absolument disproportionné et inadmissible», s'est indigné M. Steinbrück dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung, cité jeudi par l'AFP.

M. Mertz ne s'est pas étendu sur la comparaison peu flatteuse utilisée mercredi par M. Müller (PDC/SG) pour décrire Peer Steinbrück. La présidente de la Chambre du peuple, Chiara Simoneschi (PDC/TI), a pris position dans une déclaration, s'est-il borné à relever.

«Si j'avais saisi la portée des déclarations de M. Müller, je serais intervenue. Ses propos étaient offensants et déplacés», avait affirmé Mme Simoneschi.

Peer Steinbrück a comparé la semaine dernière l'Allemagne et l'OCDE à la cavalerie et les Suisses aux Indiens. Le Département fédéral des affaires étrangères a alors convoqué mardi, pour la deuxième fois depuis octobre, le représentant de Berlin à Berne Axel Berg.

(ats)

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