Guerre en Ukraine: Le Conseil fédéral pointé du doigt pour sa gestion au début de la crise
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Guerre en UkraineLe Conseil fédéral pointé du doigt pour sa gestion au début de la crise

Après la pandémie, la guerre en Ukraine. Cette fois encore, le Conseil fédéral aurait dû mieux se préparer et agir plus vite, estiment certains. La presse suisse alémanique du jour fait l’écho de ces voix critiques.

LMS/Laurent Crottet

Les premières heures de la gestion de la crise ukrainienne par le Conseil fédéral ne font pas l’unanimité. Dans les colonnes du «SonntagsBlick», c’est le conseiller national UDC Alfred Heer qui mène la charge. «Le Conseil fédéral n’avait pas de scénario dans ses tiroirs au cas où Poutine envahirait effectivement le pays.» Selon le Zurichois, il aurait fallu «comprendre Poutine». (…) On aurait alors compris que ses menaces ne sont pas des paroles en l’air. On aurait pu mieux se préparer à une vague de réfugiés.» Notons que l’élu n’oublie pas de rappeler la position de son parti, selon laquelle les sanctions européennes contre la Russie reprises par la Suisse sont «arbitraires».

La présidente de la direction de la faîtière patronale Economiesuisse, Monika Rühl, interrogée par la «NZZ am Sonntag», demande la mise sur pied «d’une cellule de crise permanente», pour pallier ce qu’elle qualifie de «moments d’inertie». Cet organe serait composé de managers des différents départements fédéraux, ainsi que de spécialistes appelés au cas par cas.

La Délégation des Commissions de gestion du Parlement fédéral s’est fendue, elle, d’une lettre assez salée à l’égard de l’exécutif et de l’administration. Elle critique une préparation insuffisante du Conseil fédéral, rapportait cette semaine «Le Temps».

Cellule de crise pas à l’ordre du jour

Petit retour en arrière: certains ont vu d’un mauvais œil la conférence de presse au début de la guerre. Le président de la Confédération Ignazio Cassis y avait lu une déclaration pendant sept minutes, pour ensuite s’éclipser sur la pointe des pieds. Le gouvernement reprenait quatre jours plus tard les sanctions de l’UE. Un temps d’attente que certains estiment trop long.

Alors, une bonne idée, cet état-major de crise permanent? Le vice-chancelier et porte-parole du gouvernement André Simonazzi répond dans la «NZZ am Sonntag» que le Conseil fédéral a conclu qu’il est préférable de travailler plus rapidement et intensément avec les structures ordinaires.

(ami)

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