Affaire Kadhafi: Le Conseil fédéral porte plainte
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Affaire KadhafiLe Conseil fédéral porte plainte

Le Conseil fédéral a décidé mercredi de porter plainte contre inconnu pour les indiscrétions parues dans les médias sur l'exfiltration envisagée des deux Suisses retenus en Libye.

La présidente de la Confédération Doris Leuthard avait déjà condamné les fuites dans l'affaire Kadhafi, lundi. Les indiscrétions «sur l'action de libération planifiée» de Rachid Hamdani et Max Göldi «relèvent du droit pénal. Les informations divulguées sont soumises au secret», avait-elle alors déclaré.

Lors de sa séance de mercredi, le Conseil fédéral a en conséquence décidé de saisir la justice, a indiqué jeudi son porte- parole André Simonazzi. Qui a précisé que le gouvernement ne fera pas d'autre commentaire sur l'affaire libyenne ni sur les spéculations parues dans la presse.

Cette précision n'a pas empêché les journalistes d'interroger sur le sujet le ministre de la défense Ueli Maurer venu leur présenter son rapport sur la politique de sécurité. La question de l'exfiltration des otages relève du secret, a dû répéter trois fois le conseiller fédéral.

«Collaboration excellente»

Ueli Maurer a simplement témoigné sa confiance à André Blattmann: «la collaboration avec le chef de l'armée est excellente», a-t-il déclaré. En fin de semaine dernière, certains médias avaient avancé qu'Ueli Maurer n'avait pas été informé par l'armée de l'ordre d'engagement donné pour une mission d'exfiltration des otages suisses par la troupe d'élite DRA 10.

Le flou reste donc complet sur l'état d'avancement des plans d'évacuation des deux hommes, sur quels conseillers fédéraux étaient au courant et à quel moment. Des interrogations auxquelles devront répondre les commissions de gestion, saisies du dossier libyen.

Merz et Longchamp auditionnés

Jeudi, une sous-commission de la commission de gestion du Conseil des Etats a auditionné à huis clos le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz et le président du Conseil d'Etat genevois François Longchamp. L'entrevue avec le ministre des finances a duré deux heures.

En collaboration avec son homologue du Conseil national, la sous- commission doit faire toute la lumière sur le comportement des autorités suisses dans l'affaire Khadafi. Elle est présidée par Peter Briner (PLR/SH). Selon lui, plusieurs conseillers fédéraux doivent être auditionnés.

Le contenu des entretiens est confidentiel et sera intégré dans un rapport qui devrait être publié avant la fin de l'année. En attendant la sous-commission n'entend pas prendre position sur les différentes indiscrétions. Tout juste son président a-t-il admis que les auditions de jeudi ont permis d'avancer d'un pas en vue d'éclaircir l'affaire.

DRA 10 nécessaire

Ueli Maurer a par ailleurs défendu devant les médias le rôle de la troupe spéciale DRA 10, dont son propre parti, l'UDC, a réclamé mercredi la suppression. Il n'est pas question de remettre en question cette troupe, a affirmé le ministre de la défense. Le Conseil fédéral n'en a pas discuté mercredi.

Une armée moderne comprend de telles unités. La Suisse souhaitait une troupe capable d'évacuer des Suisses depuis l'étranger. «Rien n'a changé à ce sujet», selon Ueli Maurer. La formation du DRA 10 pourrait toutefois être améliorée en y intégrant les grenadiers et les parachutistes. Le mandat de cette unité est en outre en évaluation permanente.

Lors d'engagements, le DRA 10 pourrait être soumis au soutien logistique d'autres pays: «C'était clair depuis le début». Et Ueli Maurer de rappeler que son prédécesseur Samuel Schmid avait freiné l'extension de cette unité. De 90 membres prévus initialement, le DRA 10 n'en compte finalement que 40.

L'UDC hausse le ton concernant le dossier libyen

(ats)

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