Presse écrite: Le Conseil fédéral répartit les 50 millions pour 2014
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Presse écriteLe Conseil fédéral répartit les 50 millions pour 2014

Pas moins de 1266 titres de presse bénéficieront de tarifs postaux préférentiels l'année prochaine.

Pas moins de 1266 titres de presse bénéficieront de tarifs postaux préférentiels l'année prochaine. Le Conseil fédéral a réparti vendredi les 50 millions de francs de cette aide indirecte. Le journal satirique «Vigousse» ne figure pas dans la liste. Le Tribunal fédéral devra trancher le litige. Cette aide bénéficie à la presse locale et régionale ainsi qu'à la presse associative. Chaque exemplaire d'un titre local ou régional sera subventionné à hauteur de 22 centimes, un montant inchangé par rapport à 2013. Au total, 142 publications sont concernées, soit une de moins que cette année. En vertu de la législation postale, la Confédération alloue 30 millions de francs pour cette catégorie.

Le nombre d'exemplaires soutenus s'élève à 135,4 millions ( 1,4 million par rapport à 2013). Quelques changements ont été enregistrés: de petits journaux ont été supprimés alors que des titres à grand tirage ont fait leur apparition. Les titres d'organisations à but non lucratif obtiennent quant à eux un rabais de 14 centimes par exemplaire, soit un centime de moins qu'en 2013. Leur effectif s'élève à 1124 publications, soit 42 de plus que lors de l'exercice précédent, pour un total de 139,1 millions d'exemplaires ( 14,3 millions). Cette hausse s'explique par de nouvelles demandes de soutien déposées en 2013.

Cette catégorie de publications bénéficie d'un montant de 20 millions de francs.

«Vigousse» exclu de la liste

Le journal satirique «Vigousse» ne figure pas dans la liste des titres qui bénéficient de l'aide à la presse. Il avait pourtant obtenu gain de cause en septembre devant le Tribunal administratif fédéral (TAF) contre son exclusion par l'Office fédéral de la communication (OFCOM), mais ce dernier a fait recours au Tribunal fédéral. Malgré la décision du TAF, l'OFCOM estime toujours que le journal satirique ne remplit pas toutes les exigences, a dit Annette Scherrer, de la division Médias et Poste, interrogée par l'ats. L'office exige que 75% du tirage soit distribué en abonnement. Or la proportion d'abonnés de «Vigousse» est de 53%. Le TAF considère qu'en exigeant 75%, l'OFCOM a placé la barre beaucoup trop haut. La loi sur la poste prévoit que les journaux bénéficiant de l'aide à la presse doivent avoir des abonnés, mais rien ne permet d'en déduire que leur nombre doit correspondre à un certain pourcentage par rapport au tirage.

Pour l'instant, «Vigousse» a touché la subvention 2013 et tant que l'affaire est pendante, il touchera également les subsides 2014. Mais si le TF donne raison à l'OFCOM, le journal devra alors rembourser les subventions perçues, a précisé Mme Scherrer. Directeur et rédacteur en chef de «Vigousse», le dessinateur Barrigue conteste cette version. «L'OFCOM est très mal informé», a-t-il dit à l'ats, «nous n'avons rien touché en 2013 et nous ne nous attendons pas à toucher quelque chose en 2014». En quatre ans d'existence, le journal n'a jamais bénéficié d'aide à la presse, a précisé Barrigue, qui s'en remet désormais au TF.

Conditions changées en 2013

La nouvelle loi entrée en vigueur début 2013 avait changé les conditions du soutien à la presse. L'approbation des demandes ne relève plus de La Poste, mais de l'OFCOM. Les critères pour obtenir le rabais avaient également été adaptés. Les titres de la presse locale et régionale concernés doivent paraître au moins 39 fois par an, comporter une part rédactionnelle d'au moins 50% et avoir un tirage compris entre 1000 et 40'000 exemplaires. Les journaux de la presse associative et de la presse de fondation doivent compter au moins six pages A4, une part rédactionnelle d'au moins 50% et ne pas servir à la promotion de produits. Leur tirage doit être compris entre 1000 et 300'000 exemplaires.

Soutien en sursis

Ce soutien à la presse est en sursis. Le Conseil fédéral essaie depuis des années de supprimer l'aide indirecte et aimerait le faire à l'horizon 2015 dans le cadre de son programme d'économies. Le Parlement, lui, tient à un soutien et souhaite que le gouvernement s'implique davantage, y compris par des aides directes. Dans sa séance de vendredi, le gouvernement n'a pas discuté de l'après-2014, a précisé son porte-parole André Simonazzi devant les médias à Berne. (ats)

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