Lausanne: Le Conseil fédéral s'offre une virée vaudoise
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LausanneLe Conseil fédéral s'offre une virée vaudoise

Le Conseil fédéral était dans la capitale vaudoise, mercredi. Entre selfies et incident.

Le Conseil fédéral a tenu mercredi matin une séance extraordinaire extra-muros à l'Ecole des métiers à Lausanne. Les sept membres du gouvernement ont également pris un bain de foule sur la Place Saint-François.

Le Conseil fédéral est arrivé à l'Ecole technique-Ecole des métiers (ETML) à Lausanne vers 9 heures. Peu avant le début de la séance du gouvernement, un ancien journaliste, militant du Collectif R de défense des migrants, a tenté de remettre au gouvernement une lettre dénonçant les accords de Dublin.

L'individu a été évacué et interpellé pour un contrôle, de même que quatre autres manifestants. Ils devaient être relâchés dans l'après-midi. L'ETML a porté plainte pour violation de domicile, a déclaré Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise.

Selfies à qui mieux mieux

Après sa séance, le Conseil fédéral a rencontré la population sur la Place Saint-François. Il a été accueilli par le Conseil d'Etat vaudois, la Municipalité de Lausanne et quelques centaines de personnes.

Pendant les discours, des membres du Collectif R ont brandi des banderoles et des visuels de la guerre en Syrie. Ils ont été rapidement évacués par la police, en force sur la place.

Malgré ces incidents, le Conseil fédéral n'a pas boudé son plaisir. Pendant plus d'une demi-heure, les membres du gouvernement se sont prêtés au jeu des selfies et aux discussions avec le public dans la convivialité et la bonne humeur.

«A quand une assurance dentaire?», lance un habitant à Alain Berset, alors qu'un ancien candidat à la Municipalité de Lausanne remet aux conseillers fédéraux un hymne national dont il a revisité les paroles.

«Cette séance dans le canton de Vaud, c'est pour moi un retour aux sources», note Guy Parmelin. «C'est une bonne tradition qui permet de garder le contact avec les autorités cantonales.»

Prêts à la discussion

Pour Simonetta Sommaruga, qui a été beaucoup félicitée pour son travail, c'est l'occasion de discuter, de se parler. «Si on veut nous donner une lettre, nous faire une remarque, on est là. C'est une occasion extraordinaire, il n'y a pas beaucoup de pays où c'est possible», a-t-elle relevé, en référence à l'intrusion matinale de l'activiste.

«C'est dommage, ce qui s'est passé», a pour sa part déclaré le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann. «C'est une tentative de se faire remarquer».

André Simonazzi, porte-parole du Conseil fédéral, a quant à lui déclaré: «Ce n'était le lieu ni le moment adéquat, ni la forme correcte pour déposer des revendications. En démocratie directe, chacun peut s'exprimer, mais dans le respect des institutions et des usages».

Pétition remise

Ce n'est pas l'avis du Collectif R. Dans un communiqué, il a dénoncé l'hypocrisie du gouvernement de prétendre à une rencontre avec les habitants, alors même qu'il renvoie chaque année des centaines de personnes qui en font partie.

La Jeunesse socialiste vaudoise a elle pu remettre sa pétition munie de 2400 signatures contre le doublement des taxes d'études de l'EPFL à Ueli Maurer. Le ministre des Finances leur a promis une réponse écrite. Avant d'arriver sur la place, les militants se sont fait fouiller et confisquer pancartes et matériel, ont-ils indiqué. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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