Bon de 50 fr. et démarchage – Le Conseil fédéral se prend un sec «non» de la part des Cantons
Publié

Bon de 50 fr. et démarchageLe Conseil fédéral se prend un sec «non» de la part des Cantons

Les propositions du Conseil fédéral sont vertement rejetées par les Cantons, qui formulent d’autres idées.

par
Yannick Weber
Pourquoi ne pas faire don de ces «primes» aux pays qui, eux, veulent vacciner, mais n’ont pas les moyens d’acheter des doses? Telle est la contre-proposition romande.

Pourquoi ne pas faire don de ces «primes» aux pays qui, eux, veulent vacciner, mais n’ont pas les moyens d’acheter des doses? Telle est la contre-proposition romande.

20min/Simon Glauser

«Un énorme gaspillage des ressources», «une intrusion massive dans la sphère privée», «un risque d’agression verbale ou physique», «une énorme inégalité de traitement»: les termes utilisés par le Conseil d’État neuchâtelois montrent l’accueil glacial qui a été réservé aux propositions d’offensive vaccinale du Conseil fédéral.

Faire don à ceux qui veulent mais qui n’ont pas les moyens

L’idée d’un bon de 50 fr. pour les personnes qui convainquent un proche de se faire vacciner n’est soutenue par presque personne (lire encadré ci-dessous). «Nous nous opposons fermement à toute rémunération d’un acte de santé. Cela induirait un précédent très problématique et pourrait, par exemple, ouvrir la porte à une marchandisation du don d’organes, de sang, etc.», craint le Canton de Neuchâtel, qui y voit un réel «problème éthique».

Mais quitte à payer, les Romands ont une autre idée, qu’ils formulent tous en commun: une «approche solidaire» où chaque personne qui se fera vacciner pourrait faire don de sa prime de 50 fr. aux pays en manque de vaccins, via le programme Covax ou l’OMS par exemple.

Un bon de 50 francs pour inciter à la vaccination (1er octobre)

Téléphoner au hasard?

Quant au démarchage téléphonique ou les visites chez les non-vaccinés, rien ne semble à sauver non plus. C’est impraticable, dit Neuchâtel: on ne dispose pas de liste de non-vaccinés, faudra-t-il donc appeler huit personnes jusqu’à tomber, statistiquement, sur un non-vacciné et espérer qu’il ne raccrochera pas directement? Le Canton de Vaud n’en veut pas non plus, mais soutient le déploiement d’unités mobiles, surtout là où les taux de vaccination restent faibles.

En revanche, décréter une semaine nationale de vaccination est soutenu, en guise «d’accélérateur pour la communication», espère Neuchâtel, qui suggère en outre de payer des tests sérologiques à la population afin de ne vacciner qu’avec une seule dose ceux qui ont déjà des anticorps.

Le Conseil fédéral a maintenant une semaine pour corriger le tir et dévoiler ses décisions lors de sa prochaine séance, mercredi prochain.

Pas mieux là-bas

Les propositions de Berne n’ont pas soulevé d’enthousiasme non plus en Suisse orientale, note Blick. Le Canton de Thurgovie a même vu la proposition de bons de 50 francs comme une «farce». Pragmatique, Lucerne met en avant la surcharge de travail pour les Cantons et les falsifications de bons. Zurich dit que la décision de se faire vacciner est individuelle et doit être réfléchie sans être influencée par des incitations financières. En revanche, Bâle-Ville dit oui. Schaffhouse et Saint-Gall ont eux aussi souligné l’impossibilité de mettre en pratique le démarchage ciblé. Mais comme du côté romand, la semaine de vaccination passe la rampe chez tout le monde.

Ton opinion

154 commentaires