Exportation des armes: Le Conseil national défend l'industrie de l'armement
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Exportation des armesLe Conseil national défend l'industrie de l'armement

Le Conseil national ne semble pas près de sacrifier l'industrie suisse de l'armement et ses emplois sur l'autel du pacifisme.

Le Conseil national n'est pas parvenu à mener à terme mardi le débat sur l'initiative populaire «pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre». Trois heures n'ont pas suffi pour épuiser la liste d'une trentaine d'orateurs. Il ne fait toutefois aucun doute que l'initiative sera rejetée car elle n'est soutenue que par la gauche. Reprise du débat et décision jeudi matin (après-demain).

L'initiative a été déposée en septembre 2007 avec 109.000 signatures valables. Elle émane d'une coalition autour du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA), qui juge le commerce d'armes incompatible avec la neutralité et la tradition humanitaire de la Suisse. Le texte veut interdire l'exportation et le transit de matériel de guerre, y compris des avions d'entraînement ou des simulateurs.

En 2008, les exportations de matériel militaire suisse ont progressé de 55,4%, atteignant le montant record de 722 millions de francs. Toutefois, avec 0,35%, les armes ne représentent qu'une infime partie des exportations suisses.

La majorité de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national propose de suivre le Conseil fédéral et de rejeter l'initiative sans lui opposer de contre-projet. Les groupes UDC, PDC et libéral-radical appuient le gouvernement alors que le PS et les Verts soutiennent l'initiative. Vu le rapport des forces en présence, il ne fait pas de doute que le plénum recommandera le rejet de ce texte.

Str: Nombreux emplois menacés

L'un des principaux arguments opposés à l'initiative est qu'elle va supprimer la base existentielle de l'industrie d'armement. Entre 5.000 et 10.000 emplois sont concernés, a dit le rapporteur de la commission André Bugnon (UDC/VD). Quelque 550 entreprises seraient concernées, dont beaucoup de PME, a précisé pour sa part Jakob Büchler (PDC/SG). La fermeture ou la délocalisation à l'étranger des entreprises de cette branche compromettrait aussi la défense nationale. Pour ses achats d'armement, la Suisse serait dépendante d'autres Etats et ses besoins ne seraient pas satisfaits en priorité en cas de crise.

«On ne peut pas s'engager à désamorcer des conflits dans le monde et en même temps livrer des armes pour mettre le feu aux poudres», a fait remarquer Josef Lang (Verts/ZG), critiquant notamment le fait qu'un pays aussi instable que le Pakistan soit le principal client de l'industrie suisse d'armement.

Plusieurs orateurs ont critiqué «l'incohérence» de la gauche qui, lundi (hier) exigeait un effort massif de soutien à l'emploi dans le cadre d'un programme de relance et qui, le lendemain, soutient une initiative qui entraînerait la perte de milliers d'emplois. (ap)

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