Canada: Le conservateur Stephen Harper sauve sa tête
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CanadaLe conservateur Stephen Harper sauve sa tête

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a réussi à sauver sa tête après les législatives de mardi mais il ne devrait pas disposer d'une majorité au Parlement.

Le leader conservateur avait souhaité convoquer un scrutin anticipé, il y a un mois. Le Canada était le premier pays du G-7 à se rendre aux urnes depuis le début de la crise financière.

La commission électorale fédérale a précisé sur son site Internet que les conservateurs l'ont emporté ou étaient en passe de le faire pour 143 des 308 sièges du Parlement, soit un gain de 16 sièges par rapport à la législature sortante. Selon ces résultats encore partiels, les libéraux suivaient avec 79, le Bloc québécois avec 48, les néo-démocrates (NPD) avec 38 et deux indépendants fermaient la marche.

Toutefois, selon des résultats obtenus par Radio Canada directement auprès de responsables électoraux, les conservateurs ne pourront pas obtenir les 155 sièges nécessaires pour gouverner seuls.

A Calgary, dans l'ouest du pays, les conservateurs ont célébré sobrement mardi la fin d'une campagne électorale douce amère qui leur permet de conserver les rênes du gouvernement fédéral mais consacre l'échec de leur stratégie au Québec et les prive de la majorité qu'ils voyaient à leur portée il y a cinq semaines à peine. Le centre des congrès de Calgary, où étaient rassemblés les militants, est demeuré relativement calme toute la soirée, tous les regards étant tournés vers les écrans géants où s'affichaient les résultats. Des meneurs de claques du parti ont dû intervenir à plusieurs reprises pour soulever la foule apathique.

Le leader conservateur Stephen Harper a tenté de minimiser les conséquences du vote. «Comme conservateurs, nous n'avons pas gouverné souvent. On accepte ce mandat sans réserve et on apprécie la confiance que nous a témoignée la population du Canada», a-t-il déclaré dans son allocution. Il a toutefois reconnu que sa base n'était pas aussi solide qu'il l'aurait souhaitée, mais il s'est engagé à former un gouvernement représentant «tous les Canadiens».

En dépit de gains en Ontario, leur performance décevante au Québec a brisé leur rêve d'un gouvernement réunissant «les trois soeurs» de la politique canadienne, c'est-à-dire les populistes de l'Ouest, les Tories de l'Est et les nationalistes du centre.

Incertitude économique

C'est en effet au Québec que la majorité a échappé à M. Harper, qui n'a pu faire mieux qu'à l'élection de 2006, où il avait fait élire 10 députés à la grande surprise de tous. Si, en début de campagne, les conservateurs croyaient au moins doubler leur nombre de sièges au Québec, leurs attentes se sont dégonflées. Le Bloc québécois menait la course avec 48 candidats élus ou en avance, les libéraux suivaient avec 15, les conservateurs 10, et le Nouveau parti démocratique (NPD) avec un seul.

Pourtant, lorsque Stephen Harper a demandé la dissolution de la Chambre des Communes, le 7 septembre dernier, l'horizon semblait prometteur pour les conservateurs. Forts de leur bilan au pouvoir, ils comptaient profiter de l'incertitude économique pour présenter le Premier ministre comme le meilleur des leaders, capable de guider le pays.

Avant la Maison blanche

Selon les observateurs, le Premier ministre voulait se faire réélire avant la présidentielle américaine de novembre, susceptible d'amener un démocrate à la Maison Blanche et donc de donner l'idée aux quelque 23 millions d'électeurs canadiens de se choisir un moins conservateur que lui. Mais entre-temps, la crise financière a éclaté et s'est retournée contre Stephen Harper.

Son parti n'avait pas anticipé cette débâcle des banques américaines, puis des places boursières mondiales. Et les déclarations répétées de Stephen Harper sur la solidité des assises financières canadiennes n'ont pas réussi à rassurer, en particulier lorsqu'il a déclaré que l'écrasement des marchés serait l'occasion de réaliser de «bonnes affaires».

(ap)

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