PSA Peugeot Citröen dans le rouge: Le constructeur automobile va supprimer 11'000 emplois
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PSA Peugeot Citröen dans le rougeLe constructeur automobile va supprimer 11'000 emplois

Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citröen paie un lourd tribut à la crise, qui l'a fait basculer dans le rouge et va le contraindre à supprimer 11 000 postes en 2009, malgré le plan de soutien du gouvernement.

PSA a été confronté à «un effondrement sans précédent du marché» au second semestre 2008, et en particulier en fin d'année, a souligné le président de PSA Christian Steiff en présentant mercredi les résultats annuels.

Rentabilité en 2010

Au final, le groupe a terminé l'année sur une perte nette de 343 millions d'euros (516,5 millions de francs), la première depuis une dizaine d'années, pour un chiffre d'affaires en repli de 7,4%. Le titre a chuté de près de 2% en Bourse.

M. Streiff a prévenu que le premier semestre 2009 serait encore «extrêmement difficile avec des coupures de production et des baisses de marché», et en particulier un premier trimestre «difficile sur tous les plans: les ventes, la trésorerie, la rentabilité».

Conséquence, il table encore sur une perte en 2009, visant désormais un retour à la rentabilité courant 2010.

Dans ce contexte, le patron de PSA a fixé trois priorités pour 2009: «améliorer significativement notre trésorerie, accélérer nos réductions de coûts (...) et continuer à préparer l'avenir».

Compression des effectifs

Parmi les mesures d'économies, le constructeur français va poursuivre les réductions d'effectifs.

Le groupe annonce qu'il compte sur environ 11 000 départs au niveau mondial en 2009, dont 6 à 7000 en France, uniquement par le biais de départs volontaires et les départs en retraite, a indiqué le directeur des ressources humaines, Jean-Luc Vergne.

Cette vague de réduction d'effectifs intervient deux jours après l'annonce du plan d'aide de l'Etat à automobile dans le cadre duquel PSA s'est engagé à ne pas lancer de plan social en France en 2009 et à ne pas fermer d'usine. M. Steiff a confirmé cette promesse.

Le président Nicolas Sarkozy a réagi aux annonces de PSA, soulignant qu'il veillerait «à ce que les engagements (..) soient respectés», sans quoi il répliquerait en augmentant les taux d'intérêt sur l'argent prêté.

PSA a engagé fin 2008 en France un plan de départs volontaires d'une durée de six mois, portant sur 3550 personnes. Ce plan «marche bien» et «devrait atteindre les objectifs fixés», a assuré Jean-Luc Vergne, mais le constructeur pourrait «le proroger» au moment du bilan établi à la fin juin.

Dès la fin 2008, face à la chute des ventes, le groupe a réduit fortement sa production pour limiter le gonflement de ses stocks et a lancé un plan de départs volontaires en France qu'il a dû provisionner, amputant la rentabilité du groupe.

Parallèlement, les réductions de coûts prévues dans le plan de compétitivité «Cap 2010» seront accélérées pour être terminées dès 2009, et le groupe a mis en place un nouveau programme de gestion de ses liquidités.

PSA estime à 4 milliards d'euros ses besoins de financements industriels. Le prêt de l'Etat de 3 milliards d'euros, un nouveau crédit syndiqué et une émission obligataire doivent y répondre.

Les investissements et dépenses de recherche et développement resteront en 2009 au niveau de 3,5 milliards d'euros, soit légèrement moins qu'en 2008. (ats)

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