Actualisé 27.04.2020 à 10:17

Suisse

Le coronavirus risque de tuer le commerce de détail

Le commerce de détail est l'un des secteurs les plus touchés par le confinement. En revanche, les ventes en ligne en profitent.

Les services de livraison tirent également leur épingle du jeu.

Les services de livraison tirent également leur épingle du jeu.

Keystone

La pandémie de Covid-19 va mettre le commerce de détail suisse à genoux. Les ventes pour le secteur non alimentaire sont attendues en baisse de 20% sur l'ensemble de l'année en raison de la fermeture obligatoire des magasins pour lutter contre la propagation du virus. Le commerce en ligne devrait à l'inverse largement avoir tiré profit de la situation, estiment les économistes de Credit Suisse dans leurs nouvelles prévisions.

Le commerce de détail est l'un des secteurs les plus touchés par le confinement. Près de 33'000 magasins ont dû fermer temporairement en Suisse, selon les statistiques de l'OFS, qui estime que 173'000 salariés ont fait les frais de ces mesures.

En dépit du chômage partiel, le nombre de demandeurs d'emploi dans le secteur a bondi de 15% en mars par rapport au mois précédent. Et cela devrait encore augmenter, selon Credit Suisse.

Un noir paysage

Les nouvelles prévisions de Credit Suisse se fondent sur l'hypothèse optimiste que tous les commerces de détail non alimentaires puissent ouvrir à nouveau à partir du 11 mai, auquel cas les chiffres d'affaires devraient diminuer de 20% sur l'année. En début d'année, l'établissement tablait sur un repli de 0,2%.

De son côté, le commerce de détail alimentaire a bénéficié d'achats compulsifs, comme en témoigne les rayons vides pour certaines denrées de première nécessité. Néanmoins, l'impact devrait être limité sur les chiffres d'affaires, dans la mesure où ces types de produits sont relativement bon marché.

En outre, les ventes supplémentaires liées à l'absence de concurrence des bars, cafés et restaurants seront contrebalancées par les pertes dans le segment des plats préparés et dans les lieux actuellement moins fréquentés. Tous ces effets combinés devraient s'équilibrer, ce qui conduit les analystes de Credit Suisse à tabler sur des ventes stables en 2020 pour le secteur alimentaire, contre une hausse de 0,8% attendue dans les estimations du début de l'année.

Le commerce en ligne, grand gagnant

Les économistes de Credit Suisse projettent une hausse de 30% des ventes en ligne sur un an, correspondant à un bond de 3 milliards de francs. «Une extrapolation montre que la part du secteur en ligne devrait s'élever à près de 15% à la fin de l'année 2020», écrivent-ils. L'institut d'étude GfK estime qu'en 2019, le commerce en ligne représentait 9% du commerce de détail suisse.

Cette hausse ne suffira pas à compenser la faiblesse du secteur non-alimentaire et sera inégalement répartie selon les segments. Plus particulièrement, les fournisseurs d'électronique grand public devraient profiter de la hausse de la demande en raison des nouvelles consignes liées au télétravail. La prospérité de ce segment pourrait ainsi compenser en grande partie les pertes de chiffre d'affaires stationnaire.

Les articles de bricolage et jardinage devraient également bénéficier d'une hausse des ventes sur l'année 2020, tout comme les produits de la santé et d'hygiène. A l'inverse, les secteurs de l'habillement, des loisirs et du mobilier sont attendus en forte baisse. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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